Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Quand la vie publique s’englobe dans le privé : un Président qui privatise son statut

Felice Dassetto

(Ce texte est une version longue d’un texte paru dans La Libre Belgique du 24 janvier 2014)

 

Les escapades du président de la République française font partie de sa vie privée ! C’est l’évidence pour l’intéressé et pour la plupart des commentateurs (masculins surtout ?). Ce qui n’empêche pas tout le monde d’en parler et de ricaner, parfois avec des accents machistes, sur cet épisode aux allures de vaudeville présidentiel et de drame pour sa compagne.

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Dix ou douze ? Un débat et quelques questions.

Felice Dassetto

5.12.2013

 

La réforme Marcourt de l'enseignement universitaire touche de multiples aspects. Pour ce qui est des structures institutionnelles et de la création de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES), je suppose que des spécialistes de la gestion institutionnelle universitaire ont conduit ou conduirons des analyses. Autant l'idée d'une coordination est bonne, autant ce dirigisme centralisateur me laisse un peu perplexe. L'organsation des années d'étude, et en particulier l'autonomisation des examens par rapport à l'année d'étude, est aussi l'objet de la réforme. J'en toucherai un mot. A part les difficultés de gestion, je me demande si on a assez pris en compte les effets pervers - pour tout le monde, pour l'institution et pour les étudiants- de cette pratique et ses dérives.  Apparemment il y a eu trois ans de débats.... Je me concentrerai surtout dans ce texte sur la question de la réussite à 10/20, tout en évoquant d'autres aspects.

 

La décision du ministre Marcourt portant à 10/20 (à la place de 12/20) la note minimale attestant de la réussite  des étudiants pour une année universitaire a suscité des débats. La Fédération des étudiants francophones (FEF) a soutenu la réforme. Mais d’autres étudiants ont lancé une pétition qui a récolté en 48 heures plusieurs milliers de signatures, au point qu’on pourrait se demander qui représente réellement la FEF. Les recteurs des universités ne semblaient pas favorables à cette réforme, mais apparemment ils ont décidé ensuite de s’aligner sur les souhaits ou les diktats du puissant ministre.

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Felice Dassetto et Albert Bastenier, L'islam transplanté. Vie et organisation des minorités musulmanes en Belgique, Bruxelles, EPO, 1984, 203 p.

La première enquête réalisée en Belgique et une des premières en Europe au début des années 1980. On y parle d'un islam tel qu'il apparaissait à l'époque, à peine au début de sa "transplantation" en Belgique (et en Europe), construit avant tout par des primo-migrants qui commencent à s'implanter définitivement dans le pays. Trente ans après les logiques et les forces sociales à l'oeuvre restent assez semblables et croisent des logiques nouvelles introduites par les jeunes générations.

A propos de la "nation wallonne": penser la "nation"

Felice Dassetto

Le lent et laborieux processus de réforme, mais en réalité de dislocation de la Belgique, pose des questions au sujet des Etats et des réalités politiques contemporaines qui vont souvent au delà du cas belge. La polémique suscitée par les propos du président de la Région wallonne Rudy Demotte au août 2013 à propos d’un « nationalisme wallon » (positif, ajoute-t-il), prouve la nécessité d’une reflexion de fond.

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La bataille du trafic

Felice Dassetto

(publié dans La libre Belgique, 16 janvier 2013)

Le salon de l’auto ouvre ses portes. Le monde de l’automobile espère que les ventes de l’année 2013 retrouveront du tonus. Bénéfices pour les actionnaires et emplois des travailleurs sont en jeu. 

Une ombre au tableau : plus il y a de véhicules automobiles en circulation, plus il y a des embouteillages.

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Sortir des radicalismes civilisationnels

Felice Dassetto

(publié dans la version électronique du Monde : Le Monde.fr du 12.08.2011)

L’assassinat de dizaines de ses concitoyens par le norvégien Breivik a surpris par la détermination cynique et la rationalité de la mise en œuvre. S’agit-il du geste d’un malade mental ? C’est une hypothèse défendue par certains. S’il en est ainsi, ce serait d’une certaine manière rassurant. D’autres défendent l’idée que ce geste est alimenté par des discours qui accentuent la peur de l’islam et la crainte pour le devenir de l’Occident. D’autres attribueront  ce geste à la présence mal maîtrisé des immigrants. D’autres encore diront que les responsabilités seraient à chercher dans les « politiques multiculturelles », d’ailleurs bien peu  consistantes en pratique. Peut être que c‘est au croisement de tout cela que l’on peut trouver quelques clés de compréhension.

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