Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Le procès de Salah Abdeslam

 

Felice Dassetto

3 février 2018

 

Le procès de Salah Abdeslam et de Soufien Ayari a lieu à partir du 5 février. En ce qui concerne Abdeslam, c’est le procès d’une des recrues de la première heure du réseau qui est à l’origine des attentats de Paris et de Bruxelles commis sous la bannière du Califat islamique. C’est un de ceux qui ont survécu. Ce procès attire les médias et oblige une grande mobilisation des forces de police et de l’appareil judiciaire.

Le premier but de ce procès est évidemment celui de prouver le degré de culpabilité de Salah Abdeslam dans les faits qui lui sont imputés par le tribunal bruxellois, à savoir la participation à la fusillade de la rue du Dries à Forest, le 15 mars 2016, il y a presque deux ans déjà. C’est donc par un petit bout de la lorgnette que ce procès devrait permettre de comprendre mieux certains aspects en amont des événements tragiques des attentats de Paris et de Bruxelles.

Que peut-on s’attendre à pouvoir mieux comprendre de ce procès ?

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L’islam et le monde musulman après le Printemps arabe et après les radicalismes islamiques qui en ont suivi : ébauche d’une vue d’ensemble

 

Felice Dassetto

30 janvier 2018

 

Veuillez excuser l’écriture rapide de ce texte qui aurait besoin de révision et de relecture.

 

L’avenir dira si les évènements survenus dans le monde arabo-musulman entre 2011 et 2017 (et qui ne sont pas achevés) constituent un tournant par rapport aux années et décennies précédentes ou un point d’orgue ou s’ils sont l’occasion d’une reformulation fondamentale des dynamiques de l’islam. Toujours est-il que pas mal de choses semblent se réajuster, d’autres se repositionner au sein des sociétés musulmanes et –peut-être- à l’intérieur du système religieux musulman lui-même. Ceci toute au moins au moins au Moyen-Orient, en Europe, en Afrique et dans la Péninsule arabique. Le monde asiatique semble avoir été moins concerné par ces dynamiques et continue à cheminer selon ses logiques qui vont de celle frottée de près à l’islamisme politique, voire radical, à la diffusion d’un islamisme de type salafiste tranquille, mais rigoureux et moderne dans ses apparences et ses méthodes.

Essayons d’esquisser un tableau de divers aspects du monde musulman en ce début 2018.

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Regards sur l’Hallidaysme. En marge du décès de Johnny Halliday

 

Felice Dassetto

10 décembre 2017

Le décès de Johnny Halliday a suscité en France et en Belgique francophone une grande émotion collective. On avait beau penser que ce chanteur était populaire, mais on ne pensait pas à une telle effervescence. D’autres chanteurs l’ont connue. On parle en France d’Edith Piaf. On peut évoquer Elvis Presley. Ses obsèques avaient mobilisé les foules et sa tombe est objet de vénération. Et on pourrait continuer avec Michael Jackson et ajouter la princesse Diana. Et, à l’envers, on pourrait se demander pourquoi d’autres figures, chanteurs ou artistes, comme Brassens, bien qu’écoutés et estimés, n’ont pas suscité le même enthousiasme.
La participation aux obsèques a débordé les clubs de fans. Elle est devenue un phénomène de grande ampleur.

Les sciences sociales sont quelque peu en difficulté devant ces conduites collectives, qui regroupent des foules et font converger des conduites, comme celles du million de personnes qui ont regardé ou accompagne le cortège funèbre à Paris et certainement un plus grand nombre qui a suivi la manifestation, qui dépasse largement les codes d’une « cérémonie », à la télévision.

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Langage figé, polémiques sommaires, société figée

 

Felice Dassetto

30 décembre 2017

 

 

Un constat : l’enfermement dans des oppositions stériles

Deux éditorialistes du Soir, Jean-Paul Marthoz et Jean-François Kahn à peu de distance l’un de l’autre, respectivement le 15 et le 19 décembre dernier, ont publié un article sur une thématique semblable. L’un comme l’autre s’en prennent au simplisme des dichotomies dans lesquelles s’enfoncent et s’enferment pas mal de débats contemporains.

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Casseurs et au-delà.

À propos des épisodes récents de violences urbaines à Bruxelles

Felice Dassetto

30 novembre 2017

Trois épisodes
11 novembre 2017 : samedi, Bruxelles, quartier de la Bourse et quartier Lemonnier : un rassemblement de citoyens d’origine marocaine pour fêter la victoire du Maroc, lors du match contre la Côte d’Ivoire, et qui le qualifie pour le championnat du monde du football. Quelques 300 casseurs profitent de ce moment festif pour faire du grabuge, casser des vitrines, piller des magasins, brûler l’une ou l’autre voiture et se confronter avec la police débordée.

15 novembre 2017 : mercredi, Bruxelles, place de la Monnaie. Un rassemblement non autorisé, suscité via les réseaux sociaux par le « snapchateur » et « youtubeur » français, Vargasss 92, qui donne rendez-vous à ses fans, rassemble des jeunes, vite dispersés par la police. Mais au sein de ce groupe, un noyau tente de répéter le même scénario du samedi précédent.

25 novembre 2017 : samedi, Bruxelles, devant le Palais de Justice, quartier Louise : un rassemblement autorisé, suscité par l’activiste français, Kemi Seba, pour protester contre l’esclavage de migrants en Libye, est transformé par un noyau de casseurs en un mouvement du style des précédents avec casse de vitrines et pillages, ceci limité par une intervention rapide de la police.

Désarçonnements et imaginaires

Ces événements désarçonnent les citoyens et citoyennes, en particulier bruxellois, les hommes et femmes politiques, les éducateurs et éducatrices, les observateurs et observatrices, les journalistes. D’autant plus que l’efficacité des médias et des réseauxsociaux ont permis de voir ces épisodes de violence quasimenten direct. En ajoutant alors une couche supplémentaire au sentiment, en partie réel et en partie imaginaire que la ville est un lieu d’insécurité et de violence.

Qui sont ces jeunes ? Comment expliquer ce déferlement de violence ? Mais également comment adviennent ces rassemblements subits ? Quid de cette culture jeune qui semble se forger et se vivre surtout dans et à travers le web et les réseaux sociaux ?

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