Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Le « plan Sophia » et le « Plan de sortie de crise » :

Deux plans avec des propositions pour l’après Covid. Commentaires.

 

Felice Dassetto

5 juin 2020

Les sociétés européennes sortent lentement du danger de la propagation du virus et de l’émergence sanitaire.

Le « moment épidémique » a fonctionné à certains égards et dans une partie de la population comme un analyseur et un révélateur de dysfonctions diverses produites et vécues dans nos sociétés. La menace de maladie et de mort qui a mis en question la tranquillité sécurisée de nos sociétés, la situation de confinement, les différences d’exposition au risque, les différences de conditions sociales, de cadre de vie et d’avenir économique, le chômage et les risques de faillite ont donné à une partie de la population l’impression d’un monde qui avance en marchant sur une corde tendue au-dessus d’un précipice sans bien savoir vers où elle mène ni si les ancrages de la corde sont bien solides.

Des voix se sont levées pour dire leur souhait d’un changement fondamental de modes de vie et de structuration des sociétés. Maintenant que l’émergence exceptionnelle semble être derrière nous, des propositions concrètes sont formulées, des plans d’ensemble sont élaborés, des efforts de synthèse sont faits malgré le fait que pointent des priorités et des stratégies dictées par les visions, les philosophies et les théorisations économiques et sociales dont chacun dispose et suivant les intérêts des groupes qu’il entend défendre. Comme dans toutes les phases de changement se croisent des idées du temps d’avant et des idées nouvelles.

C’est le cas de deux plans dont j’analyserai ici quelques aspects parus dans le courant du mois de mai 2020. Il s’agit du « Plan de sortie de crise » pensé en France et du « Plan Sophia », élaboré en Belgique.

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Sciences sociales et Coronavirus.

IV. Quels scenarios d’après Covid-19 ?

 

Felice Dassetto

20 mai 2020

 

 

La pandémie est en cours et est loin d’être terminée. La reprise des activités commence lentement. Ce texte voudrait réfléchir sur la manière dont pourrait se dessiner l’après-pandémie, dont on est encore loin, mais qui commence à se mettre en place.

Beaucoup de personnes ont exprimé des attentes. Suite à l’expérience et au traumatisme provoqués par le virus, elles ont affirmé leur désir que l’après ne soit plus comme avant, sur le plan personnel et/ou de la vie collective.

Que peut-on penser de l’après ? Quelles forces et dynamiques sociales orienteront l’avenir ? Tout sera comme avant ou y aura-t-il des changements ?

Ce texte contient trois parties. Après un bref premier point  introductif(1), le texte continue sur une analyse pour répondre à la question: "Dans quelle société vivons-nous?" (2). C'est la formulation d'une grille d'analyse qui me servira ensuite (3) pour tenter de penser sept scénarios possibles d’avenir (en excluant un huitième scénario qui pourrait être tapi dans des coins obscurs).

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Sciences sociales et Coronavirus. Ebauche de sociologie d’une pandémie.

II. Confinement et « épreuves »

 

Felice Dassetto

16 avril 2020

 

Dans un texte précédent posté dans ce blog (Sciences sociales et Coronavirus. Ebauche de sociologie d’une pandémie. (I) Réflexions générales préalables, 20 mars 2020), j’avais abordé à chaud quelques aspects préliminaires pour poser le regard sociologie sur une pandémie. Dans ce texte je voudrais regarder comment  le confinement, imposé comme moyen de lutte contre la propagation du virus, en l'absence de médicaments ou de vaccins, induit une série d'"épreuves". Elles sont autant de de défis à notre capacité de rebondissment. Les sciences sociales peuvent contribuer à comprendre en quoi et pourquoi le confinement devient une épreuve, un ensemble d'épreuves. J'en ai retenues huit: les huit épreuves du confinement.

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Sciences sociales et Coronavirus. Ebauche de sociologie d’une pandémie.

(III) Les gouvernances de la pandémie

 

Felice Dassetto

 

1° mai 2020 (mis à jour 5 mai 2020)

 

 

Le terme gouvernance dans son acception contemporaine est entré depuis une quarantaine d’années dans le vocabulaire des entreprises et du politique. Il est utilisé pour désigner les processus mobilisés pour faire face à des problèmes et à des objectifs collectifs. Le plus souvent, on se focalise sur des instances à finalité précise et dotée d’un cadre organisationnel : on parle par exemple de gouvernance des entreprises, ou de gouvernance d’institutions politiques (gouvernements, instances internationales).

Je voudrais élargir ici le sens de ce terme pour inclure des processus qui surgissent dans la cité au sens large, en dehors du politique et de l’activité industrielle. J’entends ici par gouvernances les processus mobilisés en divers lieux et par différents agents pour faire face à la situation induite par l’épidémie dans le but conjoint de permettre la continuation des activités personnelles et sociales et de sauvegarder au mieux la santé et la vie de chacun.

Tout en sachant que, comme je l’ai souligné dans mon texte précédent relatif aux « épreuves », les gouvernances peuvent se différencier et avoir des impacts différents selon les milieux sociaux.

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Sciences sociales et Coronavirus. Ebauche de sociologie d’une pandémie. 

(I)Réflexions générales préalables

Felice Dassetto

(20 mars 2020) Version augmentée*, 15 avril 2020

L’évènement de la pandémie du Coronavirus nous immerge dans un fait collectif dramatique d’ampleur inédite dans l’histoire contemporaine Au fur et à mesure que les jours passent et que l’épidémie se développe, l’inquiétude s’accroît. L’action concrète, individuelle, collective de lutte contre ce virus est la priorité absolue.

Tenter d’analyser et de comprendre ce qui se passe dans la société et en chacun d’entre nous peut aussi être utile, pour aujourd’hui et pour l’avenir.

C’est ainsi que je voudrais essayer, dans ce texte, de m’interroger sur le fait de savoir ce que peuvent dire les sciences des sociétés humaines à propos de cet événement particulier et en quoi elles peuvent nous aider à comprendre ce qui se passe. C'est une ébauche à « chaud » dans une sorte de « sociologie immédiate » que j'aime bien et qu’Edgard Morin avait espéré implanter.

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