Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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L'idée de "race": la maturation et la force des idées. Voir un peu clair dans les mots qu'on utilise[i]

Felice Dassetto

13 septembre 2018

Affermir sa propre identité collective par rapport aux autres est un processus courant des sociétés humaines. Cette affirmation de soi peut devenir une hostilité, voire une négation des autres. Les autres peuvent être qualifiés de « barbares », de membres d’un autre lignage, d’infidèles ou de bien d’autres manières. A partir de là, peut se construire un classement sur base des différences et, souvent, des hiérarchies. L'usage contemporain de la catégorie de "race" est né dans le contexte occidental, afin de classer les peuples du monde auxquels l'Occident s'ouvrait de manière nouvelle au XIX° siècle. Cet usage s'est juxtaposé aux classements  précédents effectués notamment sur base de la religion. Lui succèdera  ensuite un classement sur base des "nations" en tant que entité politiques.

Qu'en est-il de l'histoire de l'idée et de l'usage politique de la catégorie de "race" en Occident?

Il faudrait compléter ce texte en analysant comment d'autres peuples, cultures ou civilisations classent les autres.

Dans ces temps où on parle beaucoup de "racisme", il est peut-être utile de voir un peu clair dans les mots qu'on utilise.

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Canicule et climat, Gênes et viaduc qui s’écroule et les changements sociaux

 

Felice Dassetto

17.08.2018

Un ami philosophe m’avait cité un jour une phrase, je crois me souvenir que c’était de Nietzche, qui restituait une réflexion sur le temps. Je dirais sur la durée, sans toutefois entrer dans les subtilités philosophiques de la question.

La citation, de mémoire, disait plus ou moins ceci : « La foudre et le tonnerre, pour être reconnus, ont besoin de temps. Les faits aussi ont besoin de temps après avoir été accomplis ». Mon ami m’avait expliqué que cette phrase faisait référence au fait que le célèbre philosophe, qui publiait ses livres à compte d’auteur, car il ne trouvait pas d’éditeur, considérait qu’il était arrivé trop tôt avec ses idées. Il ne pouvait pas être entendu. Il fallait du temps.

Je fais confiance à mon ami philosophe, car concernant cet auteur je n’en connais pas beaucoup plus que le B-A BA.

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Acte terroriste de Liège. Un acte aux dimensions multiples, symptôme d’une réalité dense de questions.

Felice Dassetto

3 juin 2018

L’attentat commis à Liège le 29 mai dernier pose la question de son interprétation, tout comme celui commis à Paris le 12 mai. Un homme en congé pénitentiaire, emprisonné par des faits de délinquance ordinaire, converti à l’islam en prison il y a quelques années, mais sans avoir donné des signes majeurs d’adhésion jihadiste, sauf la fréquentation de codétenus inculpés de faits de radicalisme, agresse deux auxiliaires de police avec un couteau, leur prend les armes de poings, les tue, prend en otage une femme dans une école, tire vers la police à découvert cherchant à se faire tuer.

Au-delà de l’acte en lui-même, comme interpréter ces séquences que l’auteur inscrit fugitivement dans une séquence jihadiste en criant « Allah u akbar », cette invocation qui appelle à la grandeur di Allah et qui est devenue le sceau des actions terroristes-jihadistes ?

Ces actes ouvrent de nombreuses questions.

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Championnat du monde du football. Les hommes devraient savoir pourquoi.

Felice Dassetto

30 juin 2018

Le football règne en ces mois de juin-juillet. Les attitudes sont partagés devant cette invasion de foot…. que les média contribuent à accroître, même si certains d’entre eux tentent de garder, en dehors du jeu, un peu de distance critique.

En positif

Un premier côté positif c’est qu’il y a parfois du beau jeu, plaisant, dynamique.

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La société dans l’école.

Réflexions à propos des « contextes locaux » de l’enseignement

Felice Dassetto

27 mars 2018

Comme dans toute société humaine, la transmission des savoirs, des savoir-faire, bref de la culture au sens sociologique du terme, aux générations suivantes est un enjeu central. Dans ce cadre l’école, dans nos sociétés plus que jamais, joue un rôle majeur. Mais le fait est que les sociétés sont composites et les générations suivantes aussi.

L’épaisseur sociétale de l’enseignement

Je me suis toujours étonné d’entendre formuler des projets éducatifs en termes généraux, abstraits, centrés avant tout sur des aspects pédagogiques ou didactiques, sur l’organisation de l’offre scolaire, le tout parfois teinté d’idéologie, sans prendre en compte de manière fondamentale les réalités sociologiques, culturelles, anthropologiques qui façonnent la vie des écoles et en premier celle des élèves et celle des enseignants. C’est d’ailleurs aussi ce que font, me semble-il, les institutions universitaires et supérieures des « sciences de l’éducation » qui semblent ignorer ces dimensions et parlent de l’enfant, de l’adolescent ou du jeune uniquement «  en général ». Comme si l’école pouvait échapper aux densités sociologiques des vies humaines.

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