Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Un mois après : perspectives pour un élan après les attentats du 22 mars

Felice Dassetto

18 avril 2016

L’efficacité pratique du radicalisme terroriste fait prendre conscience que le temps n’est plus aux tergiversations. Ce n’est pas non plus le temps des accusations ou des polémiques, même si faire un bilan du passé est toujours utile. Ce n’est pas non plus le temps de l’amateurisme et de l’improvisation qui semblent encore continuer à frapper la construction de la vision et de l’action au sujet de l’islam (elles le font depuis des décennies, pour preuve les vicissitudes incessantes de l’Exécutif des musulmans de Belgique), tout au moins en Belgique francophone.

Ce qui est suggéré dans la suite peut paraître trop large et trop général : il suggère des pistes pour penser une vision d’ensemble des actions à entreprendre pour agir contre la radicalisation et pour un projet de renouvellement et pour poser des préalables afin de concrétiser cette vision. Mais à l’aide de quelques exemples, j’essaie de montrer que cela est très concret, tout en essayant de prendre du recul pour disposer d’une stratégie, d’une hiérarchie de priorités, d’une temporalité. En somme d’une vision structurée.

Souvent, il s’agit d’ailleurs de choses qui se font déjà, mais qui manquent parfois de recul, de consolidation et de ciblage.

Après quelques prémisses générales, (1) j’esquisse une analyse des causes de la radicalisation étape indispensable pour envisager les actions conséquentes. Ensuite (2) je pose la question de savoir qui est concerné par cette grande mobilisation indispensable. Mais pour envisager un grand plan d’ensemble et ne pas foncer à tête baissée sur quelques idées éparses, il me semble utile (3) de poser quelques aspects préalables, quelques principes de base aux actions à entreprendre. Et enfin (4) à titre d’exemple j’essaie de esquisser de manière incomplète quelques perspectives d’action et quelques priorités en direction de la jeunesse. Dans le texte il y a deux excursus, en italique : l’un concernant les concitoyens musulmans et l’autre concernant les perspectives de la jeunesse moins favorisée et ce qu’on lui propose.

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Résultats des élections en Turquie et des populations de nationalité turque en Belgique.

Quelques questions qui nécessiteraient réflexion et débat, y compris au sein des partis politiques belges.

Felice Dassetto

10 novembre 2015

Les récentes élections législatives en Turquie, qui ont succédé à celles de juin 2015, ont vu le succès du parti « Justice et développement » (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP). L’emblème quelque peu étonnant de ce parti, à savoir une ampoule électrique allumée, occulte quelque peu la dimension religieuse de ce parti, qui allie l’idée de développement économique et social mené à l’enseigne d’un libéralisme social, moderniste sur le plan économique et social, avec l’idée d’une islamisation de la société et de l’État dont ne sont pas clairs, me semble-t-il, les objectifs finaux.

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Le projet de formation de « cadres de l’islam » du ministre Marcourt.

Questions et perplexités

Felice Dassetto

20 décembre 2014

 

L’émission de Jean Pol Hecq, « Et Dieu dans tout çà ? » était consacrée le 14 décembre dernier 2014 à « Former des cadres musulmans belge ? Comment ? Pourquoi ? ».

Participaient à ce débat : Brigitte Maréchal, directrice du CISMOC/UCL ; Jean-Philippe Schreiber, directeur de l’Observatoire des religions et de la laïcité (ORELA/CIERL/ULB), Salah Echallaoui, vice-président de l’Assemblée générale des musulmans de Belgique ; Edouard Delruelle, professeur à l’ULg, s’exprimant au nom du ministre Marcourt et Jean-François Husson, secrétaire-général du CRAIG et auteur de l’« Etude de faisabilité en vue de la création d’un Institut public d’étude de l’islam ». Ce dernier rapport a été commandité par le Ministre Marcourt, responsable de l’enseignement supérieur au Centre d’étude des migrations et de l’ethnicité (CEDEM) de l’université de Liège.

Ayant entendu les interventions de ce débat et ayant lu le communique du ministre, je voudrais revenir sur l’une ou l’autre question à la fois sur le fond du projet Marcourt et sur quelques références au passé qui ont été faites au cours du débat. Ayant été à l’origine d’un projet qui s’est poursuivi à l’UCL portant sur la « formation continue en sciences religieuses : islam » je voudrais également apporter quelques éléments de réflexion mais également quelques corrections par rapport à ce qu’on dit à ce sujet.

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A propos de la formation des « cadres « de l’islam

Felice Dassetto

29.05.2015

 

1. Rappel du contexte en introduction

 

Le Ministre Marcourt avait annoncé dans le passé (même avant qu’il n’ait la compétence relative à l’enseignement supérieur), je suppose sur la suggestion de quelques membres de son cabinet, de vouloir ouvrir un « Institut public d’études sur l’islam ». Ce qui était une chose bizarre dans le paysage universitaire et du point de vue constitutionnel belge. Et pourquoi pas alors un institut public d’étude du catholicisme, ou du judaïsme ou de la franc-maçonnerie….. On peut comprendre l’intention du Ministre devant le souhait de tenter de réguler le devenir de l’islam belge. On peut la mettre en compte également de certains reflexes napoléoniens du Ministre

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Un "V" par hasard ?

Felice Dassetto

15 octobre 2014

Lors de la prestation de serment du gouvernement fédéral, Jan Jambon, Theo Francken, Steven Vandeputparlementaires de le N-VA ont prêté serment avec un beau et clair "V". Le « V » de la victoire, mais surtout le "V" du slogan de leur parti dans la campagne électorale (Verandering voor Vooruitgang, le Changement pour le progrès). Comment l’interpréter ?

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