Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

Nationalisme religieux chez les Belges d’origine turque. Aspects qui interpellent largement pour l’avenir.

À propos des articles publiés par le quotidien Le Soir du 1° et 2° avril 2017 et la victoire du "oui" au referendum en Turquie

8 avril 2017

Felice Dassetto

 

1.Prémisse

La Une du quotidien bruxellois Le Soir a titré : « Les imams turcs ont espionné en Belgique ». Le journaliste Alain Lallemand, spécialisé dans le terrorisme ou dans des réseaux divers, dévoile de manière concomitante avec d’autres journaux européens, des pratiques pour le moins étonnantes du personnel religieux de la Direction des Affaires religieuses de l’État turc, implanté en Brelgique (et dans d’autres pays européens) plus connue sous le nom de « Diyanet ». Ces journalistes ont mis la main sur des rapports rédigés par le vice-président de la branche belge de la Dyanet, Adil Sahin, qui fait état de la collecte d’information, destinée aux services de l’État turc, au sujet de personnes belgo-turques, considérées « dangereuses » pour l’État turc, voire « terroristes ». Parmi lesquelles des membres du groupe Gülen, branche issue du mouvement islamique turc Nurcu, fondée et dirigée par l’Imam Fetullah Gülen. Autrefois allié privilégié du pouvoir, ce dernier est considéré depuis 2003 par le président turc Recep Tayyip Erdogan, comme l’ennemi public numéro 1, accusé entre autres d’avoir fomenté le coup d’État avorté du 15 juillet 2016. L’hebdomadaire Le Vif/L’Express avait déjà fait état de ces dynamiques tout comme des soupçons, de l’hostilité créés en Belgique à l’égard des organisations et des personnes associées, à tort ou à raison, au mouvement de Fetullah Gülen et des menaces qu’elles ont reçu et qu’elles reçoivent. Dans le même numéro du Soir, la journaliste Elodie Blogie fait état des intimidations, reçues, par exemple, par des parents qui avaient des enfants dans les écoles appartenant à la nébuleuse de Fetullah Gülën.

Ce sont des évènements que les journalistes traitent de manière professionnelle, c’est-à-dire en tentant de rester strictement collés au fait, ceux révélés par les documents publiés et ceux relatifs aux tensions au sein des populations belges d’origine turque dues aux multiples exacerbations politiques.

Mais il ne faudrait pas que ces arbres occultent la forêt, à savoir le drame qui est en train de se jouer au sein de la population belge d’origine turque en Belgique depuis pas mal d’années et que l’arrivé au pouvoir d’Erdogan et de son parti, l’AKP a exaspéré. Et cela pose des grosses questions au sujet du devenir des populations belgo-turques, sachant que de plus en plus de personnes se définissent avant tout comme turco-musulmanes ayant un pied, un passeport et une carte d’identité belge tandis qu’elle séjournent de manière instrumentale en Belgique avec les yeux rivés vers la Turquie.

 

 2. Quelques aspects concernant le paysage organisationnel turc en Belgique au sujet du religieux et de la politique

Dans le contexte de la population d’origine turque résidente en Belgique, la dimension organisationnelle encadrante et en lien avec la réalité turque est importante et elle structure le paysage des idées et des actions.

La Diyanet Isleri Baskanligi(Direction des affaires religieuses) de Turquie (en abrégé Diyanet) est une institution créée en 1924 par Mustafa Kemal afin d’assurer le contrôle total de la religion, des puissantes confréries mystiques par le nouvel État turc qui se voulait radicalement laïc et voulant tourner résolument la page ottomane et musulmane. Après la Deuxième Guerre mondiale cette vision kémaliste de contrôle du religieux pour le maintenir éloigné de l’État c’est transformée en une intégration du religieux comme instrument de l’État. Ce sont les années où le religieux fait son grand retour en politique en Turquie avec Demirel [i]. La Diyanet est rattachée directement au Premier ministre ; elle est dotée de fonctions croissantes et du budget conséquent. Ces fonctions sont : création et gestion des instances éducatives supérieures (facultés de théologie, régendats) ; formation des cadres religieux (imams, prédicateurs, enseignants) ; publication et imprimatur des textes religieux ; création de mosquées ; financements ministres du culte et enseignement religieux. Lors du commencement des émigrations vers l’Europe au début des années 1960, les instances de la Diyanet ont immédiatement suivi pour encadrer les populations émigrées. La Diyanet contrôle des mosquées (certaines sont maintenant subventionnées par l’État belge), nomme des imams circulants, s’oppose à la création d’une faculté islamique des musulmans belges, en envoyant des jeunes à étudier dans les écoles turques. Elle s’est dotée également d’une fondation[ii].

Au-delà de ces aspects, trois significations.

Par le contrôle total (institutionnel, intellectuel) exercé par l’Etat turc sur l’islam on peut dire clairement que cet Etat n’est pas un État laïc ou neutre au sens où on peut l’entendre en Europe en général. Même si l’État fonctionne (jusqu’à présent au moins) par des procédures démocratiques sans soumission au religieux, l’autre versant de la laïcité et de la neutralité, celui de la non-ingérence de l’État dans les affaires religieuses et de la liberté religieuse est inexistant. La preuve en est que l’action de la Diyanet a changé au fil du temps (et on l’a vu concrètement en Belgique) selon les vicissitudes du régime politico-religieux en place en Turquie (que l’on peut suivre dans le livre de Zarcone, cité dans la note 1) : parfois plus kémaliste, parfois plus islamiste. Aujourd ‘hui en raison de la victoire de l’AKP et d’Erdogan, la Diyanet a des tendances islamistes dures, malgré les propos antérieurs du Président qui avait établi un parallèle entre son parti et la démocratie chrétienne d’Adenauer, en tenant un discours d’ « islamisme modéré » un peu hasardeux. Adenauer fondait l’action politique éventuellement sur des principes chrétiens (et d’autres aspects de liberté et démocratie), mais ne visait pas à christianiser l’Allemagne, ni l’appareil d’État.

La deuxième signification est bien celle de l’imbrication totale entre le religieux et le politique. Erdogan est l’héritier d’un mouvement intellectuel des années 1970 appelé celui de la « synthèses turco-islamique » (voir, parmi d’autres, Zarcone, cit. : 200-202). Ce mouvement animé par « le Foyer des intellectuels », prône une synthèse entre le nationalisme kémaliste, renforcé par les accents nationalistes animés par le colonel Alpaslan Turkes et son Parti d’Action nationaliste (MHP) et ses formes extrêmes dites des Loups-Gris, avec une reprise de l’islam politique issu des Frères musulmans en opérant une vision nouvelle du devenir de la Turquie : nationalisme turc et islam sunnite turc se renforcent réciproquement. De là s’explique la vision géopolitique de la Turquie et aussi les tentatives d’utilisation des populations turco-islamiques en Europe comme instrument de la politique européenne et de la politique turque.

La troisième signification, qui ne concerne directement le propos de cet article est que la Turquie clairement, n’est pas un État de liberté religieuse et convictionnelle, au sens entendu en Europe. Les minorités religieuses internes non musulmanes ont juste le droit de survivre, seulement quand elles sont protégées (comme pour certaines confessions chrétiennes et les juifs, par le traite de Lausanne de 1923).

Un mot à propos du Mouvement Fetullah Gülën

J’ai analysé la réalité de ce mouvement dans mon livre, L’iris et le croissan (cit.: 204-214)

Rapidement. À l’origine, ce mouvement et son fondateur, ont certainement une dimension spirituelle. L’action pratique s’est traduite dans une forte action éducative, sociale, médiatique, financière, économique. Autrement dit, ce mouvement loin d’être seulement un mouvement spirituel, quand on y regarde bien, a emprunté de manière massive et avec un succès certain auprès des classes moyennes, la voie de pénétration la société turque par des canaux sociaux divers. Dans quelle visée ? Deux visées sont visibles.

D’une part celle de promouvoir une vision ouverte de l’islam, on pourrait dire qu’il tente de reformer la lecture de l’islam un peu dans la tradition de la lecture qu’en faisait le fondateur de référence Saïd Nursi. Vision ouverte, qui se cherche, qui a une teinte conservatrice sur certains aspects. Mais non isolationniste, non agressive à l’égard des autres religions et convictions.

D’autre part, celle de créer une élite islamique moderne, dans des institutions éducative, économiques médiatiques modernes inspirées par la vision religieuse et éthique de Fetullah Gülën. J’ai déjà noté la convergence relative d’intérêts entre l’AKP et les Fethullahci à une certaine période. Mais elle n’a pas duré : on peut comprendre au-delà de toute autre considération, les raisons de la rupture, et l’hostilité d’Erdogan à l’égard de Fethullah Gülën : les deux visions religieuses sont divergentes ; la capacité organisationnelle du mouvement Fethullah ne pouvait que faire obstacle, sur son propre terrain religieux au programme d’Erdogan.

Mais les deux ont en commun un point : faire entrer le religieux en politique. Dans le cas d’Erdogan la logique est claire : islamiser les institutions et promouvoir l’islamisation de la société suivant le projet global issu des Frères musulmans. Dans le cas des Fethullah se limite-t-on à vouloir chercher dans l’islam une inspiration éthique ou on cherche autre chose ? Cette question n’est pas claire et l’opacité de l’organisation, un certain goût du secret, de la dissimulation laissent perplexes. C’est l’impression que j’avais dégagé lors de ma recherche et je n’avais pas réussi à comprendre et à me faire clairement expliquer (et qui est signalée par Elodie Blogie dans son article du Soir) la stratégie de ce mouvement. Que vise-t-il ? Simplement pour contribuer avec une élite éthiquement formée au devenir de la Turquie ? Ou bien dans une visée idéologique politico-religieuse ? Et en Belgique, que vise-t-il ?

Ceci ne veut absolument pas dire que ce mouvement est à l’origine du coup d’État et qu’il puisse être accusé de terrorisme. Que du contraire : jusqu’à large preuve du contraire, apportée par des sources d’enquêtes sûres, je partage l’avis de nombreux commentateurs que ce coup d’État a été la bonne occasion pour le régime de liquider et mettre hors circuit un mouvement fort d’opposition.

 

À propos d’autres mouvements religieux politiques

Le monde turc connaît d’autres mouvements où se mêle coloration religieuse et politique.

D’abord le mouvement Milli Görüs, qui possède plusieurs mosquées et a son siège central à Bruxelles. C’est un mouvement étendu à l’échelle européenne. Il a été fondé dans les années 1970 par le leader islamiste de l’époque Erbakkan. Bien qu’il soit autonome, je dirais que ce mouvement fait figure du pendant religieux du parti AKP au pouvoir en Turquie car ce mouvement et ce parti sont nés et ont la même matrice idéologique (voir : L’Iris et le croissant :214-218). Ce mouvement avait pris un tournant européen, mais on pourrait se demander si la politique actuelle du pouvoir turc et du climat général qui s’est instauré, n’accentuent pas la fonction relais de ce mouvement avec la Turquie et la scène politique turque.

Un mouvement différent, celui des Suleymanci, aussi étendu à l’échelle européenne. Il estné à l’origine dans un contexte confrérique en contestation du laïcisme kémaliste. Ce mouvement possède diverses mosquées et un internat pour jeunes. Il ne s’inscrit pas dans la logique directe d’une articulation entre religieux et politique, selon le modèle AKP, mais il se pourrait qu’il ne soit pas mécontent de la tournure que prend la place du religieux dans la logique instaurée par l’orientation impulsée par le président Erdogan (voir : L’iris et le croissant, cit. :201-204).

Les différentes branches de la confrérie Naqsebendi, soutien historiques des partis de la droite religieuse, ne sont pas non plus défavorables à la mise en place d'un Etat et d'une société fortements marqués par l'islam.

En conclusion

Le paysage associatif et des idées parmi les populations d’origine turque en Europe est fort traversé par ces mouvements et organisations. On observe d’ailleurs une convergence d’idées et d’action entre la Diyanet, les Milli Görüs et –en partie, les Suleymanci- ce qui constitue dans l’ensemble un bloc organisé considérable. Cet ensemble, comme on peut l’observer dans ce moment référendaire, prolonge l’activisme actuel du pouvoir turc et du parti dominant.

Comme je le disais plus haut, même en situation d’opposants, le mouvement Fethullahci participe également de cette accentuation de la relation entre religieux et politique.

 

3.La triple forêt à regarder

Je disais en commençant qu’il était utile de regarder au-delà de l’épisode des « imams turcs » qui font rapport sur les groupes dissidents et au sujet desquels on s’interroge à juste titre, de la légitimité de l’action. Car ce qui se passe au sein des populations d’origine européennes d’origine turque est bien plus ample et, à certains égards, socialement bien plus lourd. Je résumerais en un premier point, suivi d’un deuxième point concernant un aspect de la réalité belge.

Les dynamiques en cours au sein de la population belge d’origine turque

-        On peut dire que le paysage politique et associatif turc a été fortement marqué depuis les années 1980 par une accentuation d’idées à forte accentuation nationaliste assorties d’idées religieuses. Elles ont marqué toujours davantage l’ensemble de la population belge d’origine turque.

-        Ces idées suivent les vicissitudes du devenir de l’islam et de la politique en Turquie.

-        Le constat qu’on peut faire est qu’auprès d’une partie importante de la population belge d’origine turque, aujourd‘hui, suite à l’influence de l’AKP articulée à d’autres mouvements, relayée par les médias largement suivis, mais sous le fond d’un plus long travail d’articulation entre religieux et politique, idéologie nationale, voire nationaliste et l’idéologie islamiste, articulée l’une l’autre, ont pénétré la culture, la vision des réalités, polarisant l’attention et l’orientation des populations, y compris concernant leur devenir en Belgique. Ces visions pénètrent également les jeunes générations. A cela s'ajoute la dimension nationale aux accents nationalistes assortie d'une sorte de confiance dans le leader-sauveur Erdogan.

-        Le résultat est que, pour le dire en bref, une partie importante de la population belge d’origine turque vit de manière instrumentale en Belgique, mais leur esprit, leur vision sont tournés et orientés par la réalité de Turquie.

-        Une réflexion mériterait d'être conduite au sein du monde associatif religieux. On ne peut rien s'attendre de la Diyanet, organe officiel de l’État turc, malgré sa constitution formelle autonome qui est une fiction juridique et dont les fonctionnaires ont les pieds et les mains liées par les directives venant d’Ankara. Les autres organisations religieuses implantées devraient s’interroger au sujet de leurs positions politiques et politico-religieuses et sur leur dépendance par rapport aux débats et aux logiques turques.

-        Ces aspects ont des lourdes conséquences pour le devenir harmonieux de ces populations au sein de la société belge. Il faudrait que cela puisse être débattu sereinement, sans polémiques, sans accusations immédiates d’islamophobie (argument souvent utilisé par Erdogan) ou d’anti-turquisme, sans attitude par principe défensive :il en va de la vie commune présente et à venir. La jeunesse de deuxième et troisième génération et plus loin, ne peut pas continuer à vivre en Belgique dans une logique diasporique. La Belgique ne peut plus continuer à être considérée de manière uniquement instrumentale au devenir de la Turquie et de la société turque. La société dans son ensemble aura de plus en plus difficile à accepter une présence tellement exocentrée. D’autant plus si cette présence est alimentée par des idées qui contrastent avec celle d’une société et d’un État comme celui belge et plus en général européen.

La prégnance de la réalité turque en général

Devant l’importance de l’emprise du courant politico-religieux, fortement organisé et structuré, les tenants d’autres visions, organisés ou pas, semblent être totalement minorisés. Le sont les Alévites dans leur action locale pour affirmer leur identité et sont dans la situation conflictuelle que l’on connaît en Turquie, tiraillés entre participation et violence, inclusion et indépendance. Les Kurdes mènent leurs actions orientées avant tout vers la Turquie depuis des décennies selon les différentes mouvances politiques qui les traversent. Les autres partis ou mouvements sont absents. Il y a des figures historiques d’opposants, marginalisés.

Des organisations sociales et culturelles agissent sur le terrain. Certains groupes actifs revendiquent des aspects concernant la liberté religieuse (port du foulard etc.)
Mais le fait est que, dans le cas des populations originaires de Turquie, les orientations culturelles, idéologiques sont fortement marquées par la réalité turque.
Ceci est caractéristique de toutes les migrations aux premières générations. Mais dans le cas turc, ceci persiste dans les générations suivantes, en raison de la forte identification nationale, mais surtout de la construction de celle-ci par des partis et des mouvements. Et par l’actuel gouvernement qui utilise à fond l’identification nationale-nationaliste outre que religieuse pour maintenir l’attachement au pays et utiliser la force démographique et symbolique de pression des citoyens expatriés dans les pays européens.
Celle logique s’inscrit au service de la stratégie turque contemporaine de se positionner sur le plan géopolitique dans sa spécificité turque (ottomane) dans le revival politique de l’islam contemporain.

Le silence des leaders politiques belges d’origine turque

À l’occasion des résultats belges aux élections en Turquie en 2015, j’avais déjà posé dans un article de ce blog la question que je repose ici en conclusion . C’était l’article de ce blog : « Résultats des élections en Turquie et des populations de nationalité turque en Belgique », 15 novembre 2015.

Il y a des élus belges d’origine turque ; certains occupent des fonctions importantes ; il y a des intellectuels qui ne sont pas rattachés aux mouvements et organisations mentionnées plus haut. Certains sont impliqués également avec les réalités politiques-religieuses turques. D’autres moins ou pas du tout.

Mais tous sont silencieux ou aveugles ou dans l’impossibilité de parler. Il y a la réalité que j’ai rapidement esquissée concernant les populations belges d’origine turque qui se déroule sous leurs yeux comme une lame de fond. Il y a les évènements comme les tensions considérables importées de Turquie, que le nationalisme religieux accentue.

Ces leaders n’ont-ils pas une vision qui prend un peu plus de hauteur, qui pense à l'avenir, qui ne se limite pas à ménager la chèvre et le chou pour réussir leur score électoral, ou se limiter à canaliser le vote ethnique pour leur future élection, ou en rester aux revendications limitées ?

Ces leaders sont tétanisés à ce point qu’ils n’osent pas manifester leurs idées ? Sur ces leaders pèse la même chape de plomb qui pèse aujourd'hui sur la population belge d'origine turque? Ceux qui oseraient parler, craigneraient-ils des conséquences pour eux-mêmes ou pour leurs familles restaient en Turquie?

Les partis politiques belges dont ils sont membres et élus n’ont-ils pas intérêt, courage, ont-ils peur de perdre ces locomotives électorales ?
La question est urgente et de grande portée. Dans ce cas aussi, un débat franc, serein, sans langue de bois, mériterait d’être ouvert, et mûri malgré les difficultés.

 


[i] On lira avec intérêt sur l’aspect historique le livre de Thierry Zarcone, La Turquie moderne et l’islam, Paris, Flammarion, 2004. Livre auquel il faut ajouter le nouveau chapitre suite à l’arrivée au pouvoir d’Erdogan en 2003 comme Premier ministre. Pour les aspects plus récents on peut lire divers articles dont de J. Marcou, parmi lesquels, le dernier en date « La fin du ‘modèle turc’ », dans Le monde diplomatique avril 1917.

[ii] J’avais noté quelques pages sur le complexe paysage institutionnel turco-islamique dans mon livre : L’iris et le croissant, Bruxelles, Presses universitaires de Louvain, 2010 :136-139