Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

Résultats des élections en Turquie et des populations de nationalité turque en Belgique.

Quelques questions qui nécessiteraient réflexion et débat, y compris au sein des partis politiques belges.

Felice Dassetto

10 novembre 2015

Les récentes élections législatives en Turquie, qui ont succédé à celles de juin 2015, ont vu le succès du parti « Justice et développement » (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP). L’emblème quelque peu étonnant de ce parti, à savoir une ampoule électrique allumée, occulte quelque peu la dimension religieuse de ce parti, qui allie l’idée de développement économique et social mené à l’enseigne d’un libéralisme social, moderniste sur le plan économique et social, avec l’idée d’une islamisation de la société et de l’État dont ne sont pas clairs, me semble-t-il, les objectifs finaux.

Ce parti est en continuité avec des partis qui l'ont précédé et qu’on pourrait qualifier d’islamistes, au sens de partis dont le but est d’islamiser la modernité et en particulier la société, l’État et ses structures. Il s’agit notamment du Refah Partisi (Parti de la Prospérité) fondé et dirigé par Necmettin Erbakan. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a relancé de main de maître cette vision politico-religieuse et a amené le parti AKP au pouvoir en alliant économie, avancée sociale, religion et une bonne dose de nationalisme.

Lorsqu'il devait rendre son parti légitime aux yeux des Europens, Erdoğan avait souvent comparé dans le passé l’AKP (il me semble qu’il ne le fait plus maintenant), aux partis démocrates-chrétiens européens, en faisant référence en particulier à l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), le parti de Konrad Adenauer et aujourd’hui de Angela Merkel. Cette comparaison m’est toujours apparue abusive, car la CDU comme les autres partis « chrétiens » en Europe avaient et ont une vision laïque de l’État ; ce qui n’est pas le cas de l’AKP, même si la constitution actuelle de la Turquie reste une constitution laïque, ne faisant pas (ou pas encore) référence à la religion (musulmane en l’occurrence) pour la légitimation des lois de l’État. Mais, déjà maintenant, l’État turc est un État fortement confessionnalisé. Et ceci dans un double sens : d’une part l’État investit fortement le domaine religieux musulman en le structurant et en le finançant largement et d’autre part l’État contrôle et limite les expressions religieuses autres que celles de l’islam. Et encore, il vaut mieux que même les expressions musulmanes soient conformes aux prescrits religieux-étatiques. Ainsi, selon moi, en Turquie, il n’y a pas de liberté religieuse au sens où on l’entend dans les pays européens.

Lors de l’émergence de l’AKP dans les années 2000, les responsables politiques européens ainsi que les médias, avaient qualifié l’AKP de parti « islamiste modéré », en voulant dire par là que son idéologie serait acceptable et compatible avec une vision démocratique (telle que conçue en Europe). Ce raisonnement fonctionnait par comparaison avec des partis issus des Frères musulmans par exemple ou encore davantage avec des idéologies jihadistes. En décembre 2011, j’ai publié un article de discussion sur la notion d’ « islamisme modéré » dans la Libre Belgique. J’ai republié cet article sur ce blog, car il me semble y avoir pas mal de questions à poser au sujet de la notion d’islamisme modéré.

La situation particulière de la Turquie, en tant que membre de l’Otan, rend délicate la position des dirigeants politiques européens. Cette insertion dans l’OTAN est un héritage de la Guerre froide lorsque, dans le contexte du régime laïc kémaliste, la Turquie et son armée puissante, servait de rempart dans l’aire balkanique à l’encontre du bloc communiste. En plus, la candidature de la Turquie à devenir membre de l’Union européenne, amène les dirigeants européens à marcher sur les œufs. C’est ainsi que l’appellation d’islamisme modéré servait et sert à rester dans une situation entre les-deux. L’avenir dira si la vision de l’AKP et de son leader restera dans cette  « modération » idéologique et procédurale démocratique.

Quoi qu’il en soit, modération ou pas, ce qu’on constate actuellement est que l’AKP vise une islamisation progressive de la société turque et de ses institutions.

Je voudrais ici revenir sur les résultats des élections du 1° novembre, surtout dans le but de mettre l’accent sur les résultats en Belgique (et dans d’autres pays européens) et d’interroger le sens de ces résultats par rapport au devenir des citoyens belgo-turcs et de leurs orientations électorales concernant la Turquie.

1.Les élections législatives turques du 1° novembre 2015

Les élections législatives du 1° novembre 2015 ont vu une participation électorale élevée en Turquie, à presque 88% des électeurs. Elles ont connu le succès de l’AKP avec 49,48% des votes. Ce score assure à ce parti la majorité en termes de sièges au parlement. Suivent à considérable distance, le Parti républicain du peuple (CHP), social-démocrate, laïc, avec 25,3% des voix ; plus loin le Parti d’action nationaliste (MHP), ancienne formation de matrice nationaliste et d’extrême droite avec 11,90% des voix. Et le Parti démocratique des peuples (HDP), fondé en 2012, qui mêle la protection des minorités (en particulier en faisant référence aux Kurdes, d’où son appellation souvent utilisée de parti kurde), assortie d’une vision sociale et écologique, qui obtient presque 11% des voix. Ce parti est implanté surtout dans l’Est de la Turquie à majorité kurde.

En somme, en provoquant des nouvelles élections après celles du juin 2015 et en jouant sur l’inquiétude de l’instabilité, Erdoğan a réussi son pari de permettre à l’AKP de gouverner seul, ayant la majorité des sièges parlementaires.

À l’intérieur de ce paysage politique, quels sont les résultats électoraux parmi les populations européennes qui ont la nationalité turque ? Les résultats ont été publiés officiellement par l’État turc et ont été diffusés en Belgique par suffrage-universel.be et par Info-Turk. Ils méritent quelques réflexions.

2. Les votes de citoyens européens et belges ayant la nationaltié turque aux élections du 1° novembre.

Aux élections du 1° novembre dernier, on dénombrait en Belgique 133.315 électeurs. Pour la plupart, ce sont des électeurs qui détiennent une double nationalité, turque et belge. Ils peuvent voter aux élections turques dans leur pays de résidence habituelle.

En Belgique, la participation électorale a été de 42,09%. Elle a été supérieure à celle des élections de juin dernier (35,41%) ainsi qu’aux élections présidentielles de 2014 (6,3%). Compte tenu du fait que le vote n’est pas obligatoire, le taux de participation reste assez élevé, ce qui signifie que les électeurs ont considéré l’importance de cette élection et ont été mobilisés de manière considérable.

Ceci dit, on ne connaît pas la composition sociologique des électeurs qui se sont rendus aux urnes, notamment en termes de sexes et de générations. Est-ce que les hommes et les femmes ont participé au vote de la même manière ? Est-ce que les premières, deuxièmes, troisièmes générations ont participé avec la même intensité ? On peut supposer qu’il y a des différences, mais au stade actuel des connaissances, on n’en sait rien.

Pour qui a-t-on voté ?

Si l’AKP en Turquie a eu un succès, parmi les électeurs belges ce parti a connu un triomphe. Comme on peut le voir du tableau ici-bas, en Belgique, tout comme aux Pays-Bas, on frôle les 70%. Un moindre succès a été enregistré en Allemagne et en France mais le score dans ces pays reste quand même de l’ordre du 60%.

 

Belgique

Pays-Bas

Allemagne

France

AKP (Parti Justice et développement, islamiste)

69,40

69,66

59,70

58,36

CHP (Parti républicain du peuple, socialdémocrate)

10,02

11,65

14,78

  8,56

HDP (Parti démocratique du Peuple, kurde)

11,29

  7,90

15,93

25,84  

MHP (Parti d’action nationaliste, extrême droite nationaliste)

7,36

  9,07

7,47

  5,30

Autres

1,93

  1,71

2,11

  1,94

Total

100

100

100

100

Le résultat élevé en Belgique (ainsi que les autres pays) doit être relativisé par rapport au taux de participation. On peut supposer en effet que les choix électoraux, entre ceux qui sont allés voter et ceux qui n’y sont pas allés voter, n’étaient pas les mêmes On peut supposer que parmi les non-votants il y aurait un moindre choix pour l’AKP. On ne peut donc pas extrapoler à l’ensemble des électeurs les résultats qui sortent des urnes.

Toutefois, pour raisonner en chiffres absolues, en prenant en compte les résultats belges, même sur base des seuls votants, il y a parmi les citoyens belges ayant également la nationalité turque, environ 39.000 personnes qui ont voté pour l’AKP.

Supposons que, ne fut-ce que 20% des non-votants auraient voté pour l’AKP (à savoir quelques 27.000 personnes) ; en les ajoutant aux 39.000 votants, on arrive à quelques 66.000 Belges de nationalité turque que auraient voté pour l’AKP, à savoir un parti aux teintes islamistes-conservatrices. Ce serait la moitié des électeurs belges d’origine turque.

Comme pour la participation électorale, on ne dispose d’aucune information concernant les orientations du vote selon les sexes et selon les générations ou d’autres variables sociologiques. On peut juste dire que ce sont des personnes d’origine kurde qui ont apporter leurs voix au Parti démocratique du peuple. Peut-on imaginer une différence d’orientation électorale selon les sexes ? Est-ce que ce sont plutôt les premières et éventuellement deuxièmes générations qui ont voté pour l’AKP ? Au stade actuel des connaissances, il est dès lors abusif de dire par exemple, comme l’a écrit un sénateur belge dans le Figaro, que la jeunesse turque a voté pour l’AKP. On peut supposer que ce parti a obtenu des votes des jeunes, mais on n’en sait rien dans les faits en absence de sondages à la sortie des urnes ou de toute autre enquête.

Pourquoi ce vote ?

Mais on peut toutefois s’interroger globalement sur le score important de votes obtenu par l’AKP : pourquoi des citoyens belges de nationalité turque ont voté à une forte majorité pour ce parti ?
On peut faire trois grands ensembles d’hypothèses.

Une hypothèse sociologique. Elle est formulée, me semble-t-il, par ceux qui entendent occulter quelque peu l’importance de ce score électoral. Elle consiste à dire que les populations turques immigrées proviennent des régions rurales, conservatrices et qu’elles votent donc pour un parti qui leur offre les ingrédients d’une identité passée. Cet argument me semble un peu court. Car ces populations « venaient » de milieux ruraux ; elles ont connu les nombreuses vicissitudes politiques de la Turquie et celle de la Belgique ; elles vivent en Belgique depuis des décennies ; elles s’informent via la presse, les télévisons turques et peut-être via les télévisions belges et européennes. Faire des électeurs actuels un ensemble de vieillards ou de paysans nostalgiques, me semble un raccourci qui ne veut pas regarder en face la réalité. Leur participation électorale belge, leur vote pour le PS, le CDH, le FDF, le MR, les Ecolos et les équivalents flamands aux élections belges, n’ont-ils pas contribué à modifier leur conscience politique ? Leur vote, souvent ethnique, les a-t-il rendus tellement imperméables à une réflexion politique plus large ? Les partis et leurs élus font-ils uniquement des calculs électoralistes à l’égard de leurs électeurs, sans s’inquiéter de leur formation et de leur culture politique ?

Un deuxième ensemble d’arguments concerne le déroulement de la campagne électorale. Elle a vu en première ligne l’AKP (on a vu l’affichage intense de ce parti dans les quartiers turcs) ; il disposait de moyens nettement supérieurs à ceux des autres partis. On peut y voir également un « effet Erdoğan », en général et lors de sa tournée européenne. En Belgique notamment il a été visible dans les médias lors de l’inauguration d’Europalia Turquie en début octobre, à savoir pendant la période où les électeurs en Europe pouvaient voter. Son discours de Strasbourg du 4 octobre, comme le reporte Le Monde du 6 octobre, a été répercuté en direct par les principales chaînes turques de télévision. Ce dont n’ont pas bénéficié les autres partis.

Un troisième ensemble d’arguments concerne à la fois le bilan de l’AKP et le contenu de son message.
Le bilan économique de l’AKP semble positif ; de même qu’un relatif progrès social qui a permis une avancée, même parmi les classes populairess, en termes de salaires, de travail, de sécurité sociale. Moins positif est le bilan en termes de liberté de la presse et des libertés fondamentales. Même la campagne électorale, en Turquie tout au moins, semble avoir été affectée par un climat de violence. Le libéralisme conservateur-social de l’AKP s’accompagne d’un certain autoritarisme ; ce cocktail se présente comme un gage de stabilité. Les électeurs peuvent avoir été séduits par la nécessité de poursuivre cette expérience malgré l’autoritarisme et malgré (ou grâce) à la vision présidentielle autoritaire et providentielle de Erdogan et à sa folie de grandeurs comme l’atteste le palais présidentiel d’Ankara qu’il a fait construire. Mais on le sait, aux hommes providentiels on pardonne beaucoup de choses.

Le thème de la stabilité et de la continuité a donc été un axe important de la campagne électorale. S’y sont ajoutés trois autres thèmes. Tout d’abord la lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), de matrice marxiste-léniniste, en raison de son action armée et de ses velléités séparatistes. Implicitement cette lutte s’adressait également contre le parti « kurde », le Parti démocratique des Peuples (HDP).

Associé à cette lutte contre le PKK, il y a également, comme le constate l’article du Monde cité plus haut, une forte rhétorique identitaire nationale : la guerre menée contre le PKK est comparée par Erdoğan, dans son discours de Strasbourg, à celle de Saladin contre les Croisés, à celle de Mehmet II contre les Byzantins qui aboutit à la conquête de Constantinople et à la résistance aux Dardanelles contre les armées alliés en 1915. Un cocktail de références, qui mériterait un regard critique vigoureux, qui alimente certainement un peu plus le nationalisme présent parmi les populations originaires de ce pays. Cette référence identitaire nationale est assortie également d’une dose de nationalisme qui s’exprime contre l’Europe. Erdoğan dans son discours de Strasbourg présente la Turquie comme la « vraie civilisation » face à une Europe affectée, selon lui, par « l’islamophobie, la xénophobie et le racisme ». Autant de propos déjà entendus dans la bouche d’Erdoğan par le passé. Ces propos laissent transparaitre une dose d’agressivité, voire de mépris à l’égard de l’Europe, qui sont étonnants et inacceptables dans la bouche d’un dirigeant politique qui se prétend de haut vol et qui, de surcroît, demande et prétend que son pays entre dans l’Union européenne. Les dirigeants européens se sont tus et ont baissé la tête, faisant mine de ne pas entendre ces propos qui étaient adressés à des citoyens de pays européens de nationalité turque. Parmi les Turcs d’Europe, il me semble qu’il n’y a pas eu de réactions face à ces propos et aux acclamations entendues dans la salle de Strasbourg pour appuyer les dires d’Erdoğan.

Le troisième thème est également celui de l’identité religieuse qui coiffe, renforce et finalise tous les propos précédents. La référence à l’islam est toujours présente dans les discours et dans les pratiques de l’AKP qui vise manifestement une islamisation croissante de la société et de l’État. Le discours de Strasbourg a commencé par une prière.

3. Quelques questions aux coitoyens belges ayant la nationalité turque et à leurs dirigeants.

Première question : En quoi, indépendamment du déroulement de la campagne électorale, les multiples facteurs énoncés plus haut ont joué en faveur du vote pour l’AKP : l’action anti PKK ? le nationalisme ? l’identité religieuse ?

Deuxième question : quel rôle ont joué, dans la propagande électorale, des instances religieuses qui contrôlent la quasi-totalité des mosquées turques ainsi qu’une partie importante des enseignants de religion turcs, comme la Direction générale des Affaires religieuses de Turquie (la Diyanet), les Milli Görüs ou les Suleymanci. Si on leur demande, il y a à parier que ces instances diront qu’elles n’ont joué aucun rôle, car elles savent quel langage utiliser en Belgique en tant qu’instances religieuses. Vrai ?

Troisième question : quelle a été la position des leaders politiques belges de nationalité turque, élus dans presque tous les partis au niveau fédéral, régional ou communal, lors de cette campagne électorale ? Comment perçoivent-ils l’islamisation de la Turquie comme fait politique, et, plus fondamentalement, comme principe philosophique de l’État ? Combien d’entre eux portent un double regard : une chose est la Belgique, où il sont et ne peuvent qu’être élus dans un parti laïc et une chose est la Turquie où ,certains regarderaient avec sympathie un parti islamiste ?

En amont de ces questions il y en a deux plus fondamentales qui mériteraient débat.
Ce vote de plusieurs dizaines de milliers de citoyens belges ayant également la nationalité turque pour un parti islamiste pose la question d’une contradiction fondamentale : lorsque ces citoyens votent aux élections belges, ils choisissent de participer au vote de partis qui prônent un État laïc et qui inclut un respect total pour le pluralisme convictionnel. Lorsqu’ils votent pour la Turquie, ils choisissent de voter pour un parti islamiste qui s’oriente toujours davantage vers un État monoreligieux et confessionnalisé. Ces belgo-turcs vivent-ils dans une sorte de schizophrénie entre deux visions fondamentales de l’État ? Ou sont-ils en attente de l’émergence d’une vision davantage confessionnalisée, même si au pluriel, de l’État belge ? Il me semble que cette question, qui concerne les fondements mêmes de l’État et de sa légitimité, mériterait un débat et un positionnement clair, et pas seulement tactique  ou dans le genre de « langue de bois ». Ceci à commencer par les élus belges de nationalité turque, des intellectuels, des responsables associatifs et des responsables des associations religieuses.

Et en amont, à la lumière de cette contradiction, se pose la question des doubles nationalités et des doubles allégeances et orientations. C’est une question délicate et qui ne semble plus légitime de poser. L’orientation générale en faveur de la possibilité d’une double, voire multiple, nationalité a été avancée depuis les années 1970. C’était le prolongement de la vision multiculturaliste qui ramenait la nationalité juridique à une simple expression subjective de soi. Cette vision est d’ailleurs fonctionnelle à la vision prédominante qui regarde les sociétés à la lumière du marché. Car du point de vue du marché, on peut avoir toutes les nationalités que l’on veut, il n’y a pas de problème. Il y a même des avantages, car ces multiples nationalités sont utiles pour circuler au mieux selon les intérêts économiques de chacun et selon l’intérêt d’accéder à des ressources publiques. Mais si on pense que l’État joue un rôle important dans le devenir des citoyens, car constructeur d’identité commune à commencer par ses institutions, si on pense que la démocratie même implique une relative cohérence et sentiment d’appartenance, et implique un accord sur des valeurs fondamentales, la question des doubles nationalités pose un problème que le discours multiculturel superficiel des dernières décennies a évité de poser.

Tout ceci étant dit, et regardant à l’avenir, si les deuxièmes et surtout troisièmes générations, ne sont pas concernées par toutes les questions qui précèdent, on peut se dire qu’avec le temps ces questions se résorberont. Mais cela, dans le cas des Belges de nationalité turque, au stade actuel des dynamiques idéologiques et politiques, ne me semble pas être le cas.