Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Le devenir du Moyen-Orient, des pays méditerranéens et de l’islam.

A propos de l’ouvrage de Gilles Kepel, Sortir du chaos. Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient, Paris, Gallimard, octobre 2018, 514p. (avec huit cartes de Fabrice Balanche)

Felice Dassetto

5/11/2018

Le renommé politologue français Gilles Kepel vient de publier un nouvel ouvrage marquant dans lequel il fait le bilan de plusieurs décennies du devenir du monde musulman, à partir des années 1970, et en particulier à la suite du Printemps arabe. Le titre de l’ouvrage est un peu trompeur, car l’auteur analyse avant tout le chaos du Moyen-Orient. Et les dernières pages de l’ouvrage, qui sont annoncées en introduction comme étant destinées à « envisager les voies de sortie qui se dessinent » (p.17), sont maigres. C’est dire la difficulté de tenter de voir ce qui se dessine si même un connaisseur du monde arabo-musulman comme Kepel s’avère dans une relative impasse devant la tentative de profiler des scénarii d’avenir.

Une introduction avec quelques références biographiques fait percevoir le parcours et le développement de la passion mise par cet auteur dans l’effort de comprendre la réalité du monde musulman et du devenir de la religion musulmane contemporaine. Son apport a été majeur.

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La nouvelle question sociale et la question sociétale.

Réflexions en marge et en prolongement de l’interview de Raphaël Glucksmann dans Le Soir du 20-21 octobre 2018 réalisée par William Burton

 

Felice Dassetto

23.10.2018

 

Le quotidien belge Le Soir a publié le 20-21 octobre 2018 une interview du politologue Raphaël Glucksmann à l’occasion de la parution de son livre Les enfants du vide. De l’impasse individualiste au réveil citoyen », Allary éditions. Je n’ai pas encore lu ce livre, mais la longue interview réalisée par William Burton et les réponses claires de Raphaël Glucksmann permettent de voir assez clair au sujet du propos de l’auteur.

L’auteur y résume sa position. Il ne prône rien de moins qu’une refondation de la gauche qui, selon lui, se limite à pourfendre l’extrême droite, sans vouloir reconnaître que celle-ci est porteuse d’un « projet cohérent de société ». Se limitant à « dénoncer le discours adverse », la gauche ne parvient pas à définir un projet propre. Or, pour l’auteur : « l’alternance ce sera celui qui parviendra à définir un projet cohérent de société ». Pour cela « il faut qu’on fasse peuple en tant que collectivité politique», sans se limiter aux « droits individuels et aux droits de l’homme ».

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Racisme : simplifications et relations complexes

Felice Dassetto

20 septembre 2018

L’éclat de la comédienne, humoriste, animatrice et présentatrice de la météo à la RTBF, Cécile Djunga pour dire son ras-le-bol à propos des messages haineux qu’elle reçoit depuis qu’elle présente la météo, a donné lieu à beaucoup de commentaires et réactions. À ceci s’est ajouté le reportage de la VRT portant sur l’idéologie, la stratégie et les pratiques du groupe flamand Schild & Vrienden (Bouclier et amis) qui montre un groupe militant en action.

Le thème conducteur des réactions suscitées par ces évènements est celui du « racisme ». Ces commentaires critiques et justement indignés ont eu tendance à généraliser l’interprétation en termes de « racisme », à mettre toute opinion ou attitude dans le même sac sans une analyse précise des réalités sociales, ce qui simplifie les choses dans des joutes idéologiques, mais ne rend pas service à la connaissance et au débat rationnel, faisant prévaloir l’émotion et l’idéologie. Il en va de même pour l’usage d’expressions comme xénophobie, islamophobie ou homophobie ou antisémitisme.

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L'idée de "race": la maturation et la force des idées. Voir un peu clair dans les mots qu'on utilise[i]

Felice Dassetto

13 septembre 2018

Affermir sa propre identité collective par rapport aux autres est un processus courant des sociétés humaines. Cette affirmation de soi peut devenir une hostilité, voire une négation des autres. Les autres peuvent être qualifiés de « barbares », de membres d’un autre lignage, d’infidèles ou de bien d’autres manières. A partir de là, peut se construire un classement sur base des différences et, souvent, des hiérarchies. L'usage contemporain de la catégorie de "race" est né dans le contexte occidental, afin de classer les peuples du monde auxquels l'Occident s'ouvrait de manière nouvelle au XIX° siècle. Cet usage s'est juxtaposé aux classements  précédents effectués notamment sur base de la religion. Lui succèdera  ensuite un classement sur base des "nations" en tant que entité politiques.

Qu'en est-il de l'histoire de l'idée et de l'usage politique de la catégorie de "race" en Occident?

Il faudrait compléter ce texte en analysant comment d'autres peuples, cultures ou civilisations classent les autres.

Dans ces temps où on parle beaucoup de "racisme", il est peut-être utile de voir un peu clair dans les mots qu'on utilise.

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Canicule et climat, Gênes et viaduc qui s’écroule et les changements sociaux

 

Felice Dassetto

17.08.2018

Un ami philosophe m’avait cité un jour une phrase, je crois me souvenir que c’était de Nietzche, qui restituait une réflexion sur le temps. Je dirais sur la durée, sans toutefois entrer dans les subtilités philosophiques de la question.

La citation, de mémoire, disait plus ou moins ceci : « La foudre et le tonnerre, pour être reconnus, ont besoin de temps. Les faits aussi ont besoin de temps après avoir été accomplis ». Mon ami m’avait expliqué que cette phrase faisait référence au fait que le célèbre philosophe, qui publiait ses livres à compte d’auteur, car il ne trouvait pas d’éditeur, considérait qu’il était arrivé trop tôt avec ses idées. Il ne pouvait pas être entendu. Il fallait du temps.

Je fais confiance à mon ami philosophe, car concernant cet auteur je n’en connais pas beaucoup plus que le B-A BA.

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Championnat du monde du football. Les hommes devraient savoir pourquoi.

Felice Dassetto

30 juin 2018

Le football règne en ces mois de juin-juillet. Les attitudes sont partagés devant cette invasion de foot…. que les média contribuent à accroître, même si certains d’entre eux tentent de garder, en dehors du jeu, un peu de distance critique.

En positif

Un premier côté positif c’est qu’il y a parfois du beau jeu, plaisant, dynamique.

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Acte terroriste de Liège. Un acte aux dimensions multiples, symptôme d’une réalité dense de questions.

Felice Dassetto

3 juin 2018

L’attentat commis à Liège le 29 mai dernier pose la question de son interprétation, tout comme celui commis à Paris le 12 mai. Un homme en congé pénitentiaire, emprisonné par des faits de délinquance ordinaire, converti à l’islam en prison il y a quelques années, mais sans avoir donné des signes majeurs d’adhésion jihadiste, sauf la fréquentation de codétenus inculpés de faits de radicalisme, agresse deux auxiliaires de police avec un couteau, leur prend les armes de poings, les tue, prend en otage une femme dans une école, tire vers la police à découvert cherchant à se faire tuer.

Au-delà de l’acte en lui-même, comme interpréter ces séquences que l’auteur inscrit fugitivement dans une séquence jihadiste en criant « Allah u akbar », cette invocation qui appelle à la grandeur di Allah et qui est devenue le sceau des actions terroristes-jihadistes ?

Ces actes ouvrent de nombreuses questions.

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La société dans l’école.

Réflexions à propos des « contextes locaux » de l’enseignement

Felice Dassetto

27 mars 2018

Comme dans toute société humaine, la transmission des savoirs, des savoir-faire, bref de la culture au sens sociologique du terme, aux générations suivantes est un enjeu central. Dans ce cadre l’école, dans nos sociétés plus que jamais, joue un rôle majeur. Mais le fait est que les sociétés sont composites et les générations suivantes aussi.

L’épaisseur sociétale de l’enseignement

Je me suis toujours étonné d’entendre formuler des projets éducatifs en termes généraux, abstraits, centrés avant tout sur des aspects pédagogiques ou didactiques, sur l’organisation de l’offre scolaire, le tout parfois teinté d’idéologie, sans prendre en compte de manière fondamentale les réalités sociologiques, culturelles, anthropologiques qui façonnent la vie des écoles et en premier celle des élèves et celle des enseignants. C’est d’ailleurs aussi ce que font, me semble-il, les institutions universitaires et supérieures des « sciences de l’éducation » qui semblent ignorer ces dimensions et parlent de l’enfant, de l’adolescent ou du jeune uniquement «  en général ». Comme si l’école pouvait échapper aux densités sociologiques des vies humaines.

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Le Centre islamique et culturel de Belgique quitte le Cinquantenaire: Un tournant ? Lequel ?[1]

Felice Dassetto

13 mars 2018

Le ministre Didier Reynders a annoncé le 15 janvier dernier, lors d’une rencontre avec son homologue saoudien, Adel al-Jubeir,  en visite officielle en Belgique, qu’un accord avait été conclu « pour dire que la Belgique peut reprendre en main la gestion de cette grande mosquée et la confier à une autorité locale, une autorité du culte musulman. Probablement l’Exécutif des musulmans de Belgique ». La grande mosquée dont parle le Ministre est celle gérée par le Centre islamique et culturel de Belgique, située au parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Mais le fait est que ce lieu, comme nous le verrons, ne remplit pas seulement des fonctions cultuelles. Ce qui rend la question plus complexe.

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Les postures dans la suite du jihadisme-terroriste : en prolongement du procès de Salah Abdeslam et de Soufien Ayari

Felice Dassetto

21 février 2018

 

Le procès de Salah Abdeslam et de Soufien Ayari, concernant la fusillade de Forest contre les forces de police s’est terminé.

 

Un procès un tantinet surréaliste

 

Les plaidoiries des avocats ont eu lieu avec leurs emphases, leurs rhétoriques et leurs argumentaires plus ou moins heureux. Celle de maître Sven Mary, avocat d’Abdeslam, qui demande entre autres l’annulation des inculpations pour vice de procédure a suscité pas mal de remous. L’intervention du ministre de l’Intérieur critiquant l’avocat de la défense, en a suscité tout autant. Maintenant c’est la parole au tribunal qui rendra son jugement, difficile, en débat mars. Le jugement est difficile d’une part au sujet de savoir si les deux inculpés ont participé matériellement à la fusillade et d’autre part de savoir si cette fusillade peut être qualifiée d’acte terroriste. À quoi s’ajoute le fait de donner une réponse à l’argument relatif à l’invalidité de la procédure soulevé par maître Sven Mary : cet argument amené dans une longue plaidoirie résonne de manière étrange aux oreilles de quelqu’un comme moi, peu habitué aux argumentaires des tribunaux. Car mon premier réflexe consiste, certes, comme l’avocat, à donner toute son importance à la procédure, mais en y ajoutant une nuance sociologique. À savoir que le respect de la procédure n’est pas en soi, dans une sorte de sacralisation de la procédure pour la procédure, mais en relation à l’inculpé. La question étant celle de se demander si une éventuelle entorse à la procédure (à vérifier si dans ce cas elle a eu lieu) a causé préjudice à l’inculpé. Dans ce cas, à ce que j’ai entendu dans la salle du tribunal, il me semble que le fait qu’un juge d’instruction de rôle néerlandophone intervienne, en français, dans la procédure n’a causé aucun préjudice à l’inculpé. Et de toute manière même si toute la procédure aurait à recommencer, le résultat serait exactement le même. Alors, pourquoi la procédure pour la procédure ? Mais évidemment, l’avocat avec le droit de jouer cette carte. Mais je me demande à quoi bon. On verra avec intérêt l’argument du tribunal.

En tout cas entre les déclarations et les silences des inculpés, les argumentaires des avocats parfois à propos parfois peu convaincants et, hors de la salle, des foules de journalistes qui cherchaient à trouver quelque chose à dire, ce procès avait une allure un peu surréaliste, même si la présidente du tribunal et en définitive le jeu habituel des procès a été conduit avec la rigueur et la sérénité requise.

Entrevoir au-delà du procès : les postures des personnes

Ces séances n’ont pas permis de mieux comprendre le fonctionnement de la grosse cellule organisatrice des attentats de Paris et de Bruxelles, mises à part quelques précisions supplémentaires au sujet des circulations dans la maison de la rue du Dries. Ceci en raison de l’angle restreint de la chose à juger, à savoir la fusillade à Forest contre les forces de police provenant de la maison où se trouvaient les deux inculpés, plus un troisième qui est mort, l’algérien Mohammed Belkaid. Il ne s’agit donc pas d’un procès concernant les attentats en tant que tels, ce que les avocats de la défense n’ont pas manqué de rappeler au tribunal, qui, je suppose, en était certainement bien conscient.

Et en raison aussi des stratégies adoptées par les inculpés.

Ces dernières permettant toutefois de tenter de comprendre quelles pourraient être les postures de l’après jihadisme-terroriste de la part de personnes qui s’y sont engagées. Tout en sachant que des postures devant un tribunal peuvent être tenues pour des raisons tactiques, conseillées éventuellement par les avocats, dans le but de ne pas heurter les juges.

Tout en faisant la part des choses, on peut en énumérer un certain nombre ; elles pourraient être utiles pour essayer d’envisager des « sorties » du jihadisme-terroriste.

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Le procès de Salah Abdeslam

 

Felice Dassetto

3 février 2018

 

Le procès de Salah Abdeslam et de Soufien Ayari a lieu à partir du 5 février. En ce qui concerne Abdeslam, c’est le procès d’une des recrues de la première heure du réseau qui est à l’origine des attentats de Paris et de Bruxelles commis sous la bannière du Califat islamique. C’est un de ceux qui ont survécu. Ce procès attire les médias et oblige une grande mobilisation des forces de police et de l’appareil judiciaire.

Le premier but de ce procès est évidemment celui de prouver le degré de culpabilité de Salah Abdeslam dans les faits qui lui sont imputés par le tribunal bruxellois, à savoir la participation à la fusillade de la rue du Dries à Forest, le 15 mars 2016, il y a presque deux ans déjà. C’est donc par un petit bout de la lorgnette que ce procès devrait permettre de comprendre mieux certains aspects en amont des événements tragiques des attentats de Paris et de Bruxelles.

Que peut-on s’attendre à pouvoir mieux comprendre de ce procès ?

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L’islam et le monde musulman après le Printemps arabe et après les radicalismes islamiques qui en ont suivi : ébauche d’une vue d’ensemble

 

Felice Dassetto

30 janvier 2018

 

Veuillez excuser l’écriture rapide de ce texte qui aurait besoin de révision et de relecture.

 

L’avenir dira si les évènements survenus dans le monde arabo-musulman entre 2011 et 2017 (et qui ne sont pas achevés) constituent un tournant par rapport aux années et décennies précédentes ou un point d’orgue ou s’ils sont l’occasion d’une reformulation fondamentale des dynamiques de l’islam. Toujours est-il que pas mal de choses semblent se réajuster, d’autres se repositionner au sein des sociétés musulmanes et –peut-être- à l’intérieur du système religieux musulman lui-même. Ceci toute au moins au moins au Moyen-Orient, en Europe, en Afrique et dans la Péninsule arabique. Le monde asiatique semble avoir été moins concerné par ces dynamiques et continue à cheminer selon ses logiques qui vont de celle frottée de près à l’islamisme politique, voire radical, à la diffusion d’un islamisme de type salafiste tranquille, mais rigoureux et moderne dans ses apparences et ses méthodes.

Essayons d’esquisser un tableau de divers aspects du monde musulman en ce début 2018.

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Langage figé, polémiques sommaires, société figée

 

Felice Dassetto

30 décembre 2017

 

 

Un constat : l’enfermement dans des oppositions stériles

Deux éditorialistes du Soir, Jean-Paul Marthoz et Jean-François Kahn à peu de distance l’un de l’autre, respectivement le 15 et le 19 décembre dernier, ont publié un article sur une thématique semblable. L’un comme l’autre s’en prennent au simplisme des dichotomies dans lesquelles s’enfoncent et s’enferment pas mal de débats contemporains.

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Regards sur l’Hallidaysme. En marge du décès de Johnny Halliday

 

Felice Dassetto

10 décembre 2017

Le décès de Johnny Halliday a suscité en France et en Belgique francophone une grande émotion collective. On avait beau penser que ce chanteur était populaire, mais on ne pensait pas à une telle effervescence. D’autres chanteurs l’ont connue. On parle en France d’Edith Piaf. On peut évoquer Elvis Presley. Ses obsèques avaient mobilisé les foules et sa tombe est objet de vénération. Et on pourrait continuer avec Michael Jackson et ajouter la princesse Diana. Et, à l’envers, on pourrait se demander pourquoi d’autres figures, chanteurs ou artistes, comme Brassens, bien qu’écoutés et estimés, n’ont pas suscité le même enthousiasme.
La participation aux obsèques a débordé les clubs de fans. Elle est devenue un phénomène de grande ampleur.

Les sciences sociales sont quelque peu en difficulté devant ces conduites collectives, qui regroupent des foules et font converger des conduites, comme celles du million de personnes qui ont regardé ou accompagne le cortège funèbre à Paris et certainement un plus grand nombre qui a suivi la manifestation, qui dépasse largement les codes d’une « cérémonie », à la télévision.

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Casseurs et au-delà.

À propos des épisodes récents de violences urbaines à Bruxelles

Felice Dassetto

30 novembre 2017

Trois épisodes
11 novembre 2017 : samedi, Bruxelles, quartier de la Bourse et quartier Lemonnier : un rassemblement de citoyens d’origine marocaine pour fêter la victoire du Maroc, lors du match contre la Côte d’Ivoire, et qui le qualifie pour le championnat du monde du football. Quelques 300 casseurs profitent de ce moment festif pour faire du grabuge, casser des vitrines, piller des magasins, brûler l’une ou l’autre voiture et se confronter avec la police débordée.

15 novembre 2017 : mercredi, Bruxelles, place de la Monnaie. Un rassemblement non autorisé, suscité via les réseaux sociaux par le « snapchateur » et « youtubeur » français, Vargasss 92, qui donne rendez-vous à ses fans, rassemble des jeunes, vite dispersés par la police. Mais au sein de ce groupe, un noyau tente de répéter le même scénario du samedi précédent.

25 novembre 2017 : samedi, Bruxelles, devant le Palais de Justice, quartier Louise : un rassemblement autorisé, suscité par l’activiste français, Kemi Seba, pour protester contre l’esclavage de migrants en Libye, est transformé par un noyau de casseurs en un mouvement du style des précédents avec casse de vitrines et pillages, ceci limité par une intervention rapide de la police.

Désarçonnements et imaginaires

Ces événements désarçonnent les citoyens et citoyennes, en particulier bruxellois, les hommes et femmes politiques, les éducateurs et éducatrices, les observateurs et observatrices, les journalistes. D’autant plus que l’efficacité des médias et des réseauxsociaux ont permis de voir ces épisodes de violence quasimenten direct. En ajoutant alors une couche supplémentaire au sentiment, en partie réel et en partie imaginaire que la ville est un lieu d’insécurité et de violence.

Qui sont ces jeunes ? Comment expliquer ce déferlement de violence ? Mais également comment adviennent ces rassemblements subits ? Quid de cette culture jeune qui semble se forger et se vivre surtout dans et à travers le web et les réseaux sociaux ?

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Ouagadougou, Barcelone : la résilience du jihadisme terroriste, ses causes et les dimensions de l’action.

Felice Dassetto

21 août 2017

En cette fin du mois d’août, après Ouagadougou, c’est le tour de Barcelone et de la Catalogne d’être l’objet d’une action terroriste. La poursuite de ces attentats amène souvent les débats politiques à se concentrer sur les aspects, par ailleurs indispensables, de sécurité. Souvent ces débats se centrent sur la réalité européenne alors que l’on est en face d’un phénomène mondial. Ces actions jihadistes-terroristes posent d’autres questions de fonds. Dans ce texte je voudrais en évoquer trois: celle du devenir du jihadisme-terrorisme de matrice sunnite; celle de la porté des derniers actes terroristes et leur liens avec les centrales jihadisteterroristes; et enfin la question des actions à mener, questions majeure pour reprendre l'initiative, souvent limitée dans ses perspectives.

Le devenir du radicalisme jihadiste-terroriste après 50 ans

Une première question concerne le devenir global du mouvement radical-jihadiste et terroriste. Que Daesh, tout comme al-Qaida et leurs ramifications ou d’autres groupes, tels les Sheebab somaliens ou Boko Haram continuent l’action jihadiste terroriste est plus que probable. Car même s'ils ont eu des revers combattants, l'idée jihadiste-terroriste reste.

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Le devenir de l’islam sunnite et radicalisme.

Pour une interprétation de moyen-long terme et quelques questions

Felice Dassetto

4 juin 2017

Depuis plus de quarante ans, le monde musulman chiite et sunnite, vit une phase intense        de son bouillonnement interne et de ses relations avec le reste du monde. Une spirale négative s’est engendrée dans les relations entre musulmans et non musulmans qui aboutit à des points dramatiques d’actions armées. Le monde musulman lui-même est tragiquement secoué par des luttes armées internes.

Les attentats de Londres, Manchester, Bagdad posent la question de savoir s’ils sont l’œuvre du dernier coup de queue du dragon ou s’ils annoncent une phase nouvelle, celle de l’après Daesh.

Quoi qu’il en soit, il est important de tenter de regarder les événements actuels dans la suite de leur déroulement historique de moyen-long terme, pour voir toute la profondeur des enjeux qui se jouent au sein du monde musulman et dans les relations entre monde musulman et le reste du monde.

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Quel « Institut sur l’islam » proposé par le ministre du ministre Marcourt ? Clarifications nécessaires et suggestions.

30 avril 2017

Felice Dassetto

La Une du Soir du 27 avril titrait : « La création d’un islam de Belgique dans l’impasse ». Rien de moins. Et en sous-titre : « L’Exécutif des musulmans de Belgique bloque la création de l’institut voulu par Jean-Claude Marcourt. La formation des imams crispe les positions ».
Le titre est pour le moins excessif et trompeur. L’islam de Belgique avance jour après jour, péniblement, difficilement, mais certainement. Et penser que le projet d’Institut de l’islam dans la forme voulue par le ministre Marcourt ou son cabinet allait faire advenir à lui tout seul l’islam de Belgique est un peu vite dit.

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En amont du premier tour des élections présidentielles françaises.

Regard pour une sociologie des citoyens entre « le » politique et « la »politique

Felice Dassetto

25 avril 2017

 

Le premier tour des élections françaises avec ses 11 candidats a permis d’ouvrir le spectre des visions politiques à partir desquelles on tente de répondre aux défis que le devenir économique, technologique, social contemporain pose à des efforts de gouvernance collective. Maintenant le débat est ouvert sur le deuxième tour et surtout sur les élections législatives de juin. Et le débat se centrera surtout sur les positionnements et négociations politiques.

Je voudrais ici tenter de porter un regard sociologique, c’est-à-dire m’interroger sur les visions du devenir contemporain, sur les intérêts et sur les structures sociales qui croisent des offres politiques. Je ne ferai qu’avancer des hypothèses en proposant une typologie d’attitudes et d’intérêts en lien avec des positions sociales et de ce qui en découle comme possibilité, capacité d’action.

L’institut de sondage IPSOS a réalisé une sociologie électorale, dont Le soir de ce 25 avril a publié un résumé. La lecture du rapport entier est intéressante (http://www.ipsos.fr/sites/default/files/doc_associe/ipsos-sopra-steria_sociologie-des-electorats_23-avril-2017-21h.pdf). J’ai lu ce rapport après avoir écrit cette note. Il me semble que les données empiriques n’infirment pas ce que j’ai écrit. Mais l’entrée est un peu différente. Le rapport IPSOS analyse, avec le grand savoir-faire de cet institut, qui a voté pour qui. Ma typologie tente globalement de dessiner au sein des citoyens français de familles de positions sociales, de vécus, de visions d’avenir et du rapport en conséquence avec l’offre politique nationale et européenne. Il me semble que l'on retrouve ces familles de positions dans toutes les sociétés européennes, et probablement ailleurs.

Pour le dire un peu autrement : l’Ipsos fait avant tout de la sociologie électorale. C’est sa tâche dans une telle occasion électorale. Mon regard, bien limité, tente de faire une sociologie du rapport "au politique" entendu comme visions et attentes du devenir collectif, dans lequel "la politique" (nationale, européenne) joue évidemment un rôle.
J’ai pris comme hypothèse conductrice l’idée que le rapport à la nouvelle planétarisation sous toutes ses formes et les changements fondamentaux engendrés en conséquence, étaient des facteurs déterminants pour différencier ces visions et attitudes. Hypothèse à discuter. Pour le moment je la considère pertinente.

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Le cadastre des religions en Wallonie. Une initiative du ministre Dermagne plus que discutable et qui mériterait un large débat.

 

Felice Dassetto

20.04.2017

 

La RTBF a relayé le 12 avril dernier une information venant du cabinet du ministre de l’Intérieur de la Région wallonne, Pierre-Yves Dermagne, faisant état de la préparation d’un « cadastre des lieux de culte ». Par ce cadastre est faite obligation aux religions de s’enregistrer, de déclarer leurs sources de financement, d’utiliser le français et de déclarer sur l’honneur de respecter les valeurs démocratiques.

Apparemment ce projet fait consensus au sein de la Région wallonne et des partis de la coalition au pouvoir. Et je n’ai pas entendu, sauf erreur de ma part, des réactions au sein des partis de l’opposition. Il ne faudrait pas en rester avec ce cadastre à la solution qui semble être de "gros bon sens", alors qu'elle procède d'implicites assez lourds de sens.

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Nationalisme religieux chez les Belges d’origine turque. Aspects qui interpellent largement pour l’avenir.

À propos des articles publiés par le quotidien Le Soir du 1° et 2° avril 2017 et la victoire du "oui" au referendum en Turquie

8 avril 2017

Felice Dassetto

 

1.Prémisse

La Une du quotidien bruxellois Le Soir a titré : « Les imams turcs ont espionné en Belgique ». Le journaliste Alain Lallemand, spécialisé dans le terrorisme ou dans des réseaux divers, dévoile de manière concomitante avec d’autres journaux européens, des pratiques pour le moins étonnantes du personnel religieux de la Direction des Affaires religieuses de l’État turc, implanté en Brelgique (et dans d’autres pays européens) plus connue sous le nom de « Diyanet ». Ces journalistes ont mis la main sur des rapports rédigés par le vice-président de la branche belge de la Dyanet, Adil Sahin, qui fait état de la collecte d’information, destinée aux services de l’État turc, au sujet de personnes belgo-turques, considérées « dangereuses » pour l’État turc, voire « terroristes ». Parmi lesquelles des membres du groupe Gülen, branche issue du mouvement islamique turc Nurcu, fondée et dirigée par l’Imam Fetullah Gülen. Autrefois allié privilégié du pouvoir, ce dernier est considéré depuis 2003 par le président turc Recep Tayyip Erdogan, comme l’ennemi public numéro 1, accusé entre autres d’avoir fomenté le coup d’État avorté du 15 juillet 2016. L’hebdomadaire Le Vif/L’Express avait déjà fait état de ces dynamiques tout comme des soupçons, de l’hostilité créés en Belgique à l’égard des organisations et des personnes associées, à tort ou à raison, au mouvement de Fetullah Gülen et des menaces qu’elles ont reçu et qu’elles reçoivent. Dans le même numéro du Soir, la journaliste Elodie Blogie fait état des intimidations, reçues, par exemple, par des parents qui avaient des enfants dans les écoles appartenant à la nébuleuse de Fetullah Gülën.

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L’ère de la post-vérité et de la post-factualité : des complots à Trump

Pour une sociologie des connaissances manipulées

 

Felice Dassetto

3 mars 2017

 

On est quelque peu désarçonné, c’est le moins que l’on puisse dire, par les propos et le style du nouveau président américain et par son usage de Twitter et d’une parole qui sort des codes habituels d’un usage présidentiel dans une démocratie de relatif consensus. On est étonné par des paroles et des images qui circulent dans des « forums » et autres outils du web. On est surpris par le harcèlement entre jeunes.

On accuse souvent internet à ce sujet.

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2017 est arrivé

Felice Dassetto

1° janvier 2017

En général, on fait des vœux. J’ai envie d’ajouter à mes vœux une proclamation.

Il y a des journées et des années dédiées à ceci ou à cela, proclamées par l’ONU, par l’UNESCO ou par le Pape et bien d’autres instances.
Je déclare 2017 l’année de la maîtrise du changement.

Je pense que je n’aurais pas beaucoup de succès. C’est un peu comme déclarer l’année de la paix dans une assemblée de djihadistes ou l’année de l’honnêteté dans une assemblée de mafieux.

Car, le changement, quoi de mieux ?

L’idée de maîtriser le changement n’implique-t-elle pas d’y mettre des freins. Réac ! Ringard ! Passéiste ! Je sens le vent venir.

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Interprétations du radicalisme jihadiste et terroriste.

A propos d’une polémique bien peu utile : Kepel vs Roy vs Burgat

 

Felice Dassetto

13 novembre 2016

 

On commémore le premier anniversaire des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

On continue à se demander comment expliquer le fait qu’au sein de l’islam sunnite, des fractions de population, jeunes et moins jeunes, hommes, mais également des femmes, enfourchent le chemin du radicalisme jihadiste, voire, plus difficile à comprendre encore, celui du terrorisme et du suicide à finalité terroriste.
En France et dans le contexte belge francophone a été largement diffusée une polémique assez virulente, par médias ou publications interposés, entre trois scientifiques, Gilles Kepel, Olivier Roy et François Burgat, concernant l’explication à donner au passage à ce radicalisme extrême. Chacun de ces trois auteurs mettant en avant, contre les autres, la valeur de son interprétation. Le Soir du 11 novembre dernier a laissé large espace, et ce n’est pas la première fois, à des interviews de Kepel et Roy, mettant en scène ce débat polémique.

Cette polémique est bien inutile et contre-productive. Notamment parce que, en focalisant toute l’attention analytique (largement diffusé par les médias) au sujet de ces positions on s’empêche de regarder plus loin et autrement cette question. La réflexion et l’analyse, bien difficiles concernant un tel sujet, sont ainsi figées et restent enfermées dans ces positions polémiques alors qu’elles sont toutes des positions partielles, valables en partie, mais en partie seulement. Pour résumer : chacun des trois a un peu de raison, mais leur argumentation reste partielle et nécessite de nombreux approfondissements et consolidations. Ce qui est normal dans le travail scientifique.

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En marge de l’émission de la RTBF sur Molenbeek du 7 novembre 2016

Felice Dassetto

8 novembre 2016

La soirée du lundi 7 novembre était consacrée par la Une de la RTBF à Molenbeek pour essayer de comprendre les raisons de l’émergence du radicalisme dans cette entité bruxelloise.

L’entrée était peut-être pertinente pour proposer une analyse de cette commune tant médiatisée, tout en n’oubliant pas que la réalité de Molenbeek est en totale continuité avec Anderlecht, Laeken, Koekelberg, Saint-Josse, Evere…

L’émission, compte tenu des références aux terroristes de Paris et de Bruxelles, portait en réalité, sans le dire ou sans savoir le dire, sur la réalité des populations marocaines installées à Bruxelles et ailleurs. Populations relatives à des familles désormais de deuxième, de troisième génération et qui semblent avoir besoin de continuer à être « accompagnées » et amenées à une « école des parents ». Mais qui, me semble-t-il, ne concernent pas la totalité des familles d’origine marocaine de Molenbeek, comme pouvait être compris à partir du documentaire et du « débat ».

Cette soirée dense devrait être l’objet d’une analyse et d’une discussion critiques plus approfondies.

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Le « national » ou quelque chose qui lui rassemble.

En marge des débats et des polémiques de France (Sarkozy etc.) et d’ailleurs sur la « nation »

 

Felice Dassetto

25 octobre 2016

Nicola Sarkozy a fait de « l’identité nationale » française son cheval de bataille électoral dans la course à la présidence française. Déjà en 2009, pendant son mandat de Président de la République, il avait chargé le ministre « de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du Développement solidaire », Eric Besson, de mener une réflexion sur le sujet qui devait aboutir à une grande conférence nationale. La conférence n’a pas eu lieu tellement la cacophonie était grande. Et maintenant, Nicolas Sarkozy, retape le clou et il n’y va pas de main morte, presque à la caricature. Le 19 septembre dernier dans un discours à Francoville, en Val d’Oise, disait : « Quelle que soit la nationalité de vos parents, jeunes Français, au moment où vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les Gaulois et c’est Vercingétorix ». Le propos devient ridicule.

Et c’est dommage, car l’idée de « nation » mérite réflexion. Je ne partage pas l’idée de ceux qui rejettent l’idée de « nation » en la ramenant automatiquement au « nationalisme », ni avec ceux –et en Belgique ils sont nombreux- qui disent « Bof, ce sont des foutaises ».

Je voudrais essayer d’expliciter brièvement ma compréhension sociologique de l’idée de « nation ».

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Voilées et féministes : échanges

 

Felice Dassetto

30 septembre 2016

 

Dix-sept femmes musulmanes, constituant un « collectif de citoyennes musulmanes », ont publié dans La Libre Belgique du 16 septembre 2016 un intéressant article d’opinion intitulé « Voilées et féministes ». Les auteures du texte m'ont fait remarquer que ce titre est  celui de la rédaction de la Libre Belgique dans l'édition papier  et que leur titre original est: "Citoyennes, féministes et  musulmane". Elles ont demandé et obtenu de la part  de la Libre Belgique de garder le titre original dans la version électronique (http://www.lalibre.be/debats/opinions/citoyennes-feministes-et-musulmanes-57dabba635704b54e6c338cc).

Dans ce texte, elles affirment leurs engagements multiples au sein de la société ainsi que leurs pratiques différentes, les unes portant le voile, les autres non. Cet article prend position en faveur du port du foulard islamique. Il en appelle aux femmes afin de s’engager dans la lutte pour des questions plus importantes et notamment à combattre contre « les inégalités et injustices de tout genre, à commencer par celles qui frappent les femmes ». En amont de son ton quelque peu polémique, il me semble que l’argumentation de ce texte en appelle au débat.

Je pense et je l’écris depuis des années, qu’ il importe que sur un certain nombre de questions relatives à l’islam dans la cité, il y ait un débat, sous le mode de la discussion, de l’écoute des autres, non pas sous le mode de l’invective, de l’accusation, de la polémique, du style de la plupart des débats télévisuels, de la controverse, dans lesquels chacun lance à la figure de l’autre sa vérité sans entendre les arguments de l’autre. Débat-discussion, dans lequel les arguments respectifs sont présentés et discutés dans le respect. Je pense également que ces débats doivent être vécus par tout le monde dans la réciprocité, dans le sens où, sur pas mal de questions, personne ne détient la vérité et que la pensée critique a avantage à s’exercer à l’égard de tout le monde si on veut construire une vie commune.

Je vais essayer de discuter, de prolonger certains arguments avancés.

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11/9 : au-delà des commémorations

Première version en septembre 2011, mise à jour en septembre 2016.

 

Felice Dassetto

7 septembre 2016

Le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 avait donné lieu à des commémorations émues sur les lieux des attentats et ailleurs dans le monde. Elles avaient été également l’occasion de nombreuses publications qui se sont souvent centrées à la restitution chronologique des événements ou d’une partie des événements qui ont suivi le 11/9.

Cinq ans sont passés et des lourds évènements ont rebondi dans le monde musulman à commencer par ce qu’on a appelé le Printemps arabe et ce qui en est suivi.

Ce texte propose une lecture sous l’angle sociologique de trois aspects.

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Les deux guerres contre le radicalisme jihadiste

 

Felice Dassetto

20 juillet 2016

Un nouvel attentat de masse a eu lieu. D'autres auront lieu. Et surtout on ne sait pas quand les mentalités changeront. L'Europe et la Belgique, musulmans compris, restent immobiles ou se limitent à quelques actions sans vision de moyen-long terme. Jusqu'à quand? Car le radicalisme jihadiste et l'islamisme ont une vision, une stragéie. Ceux d'en face, Etats, populations, musulmanes ou non,  n'ont pas de vision ni de stratégie. Ils fonctionnent au coup par coup quand çà va bien; ou bien détournent le regard ou bien ils gesticulent. Jusqu'à quand?

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Hommes de malheur 

Felice Dassetto

17 juillet 2016

Dans ces dernier mois, comme le mois précédents, nous avons été confrontés à de nombreuses agressions physiques violentes : la tuerie d’Orlando, l’assassinat d’un policier et de sa compagne tués à Magnanville, des hooligans qui déferlent autour des stades de football, l’assassinat de la députés Jo Cox, les violences réciproques de Dallas, les nombreux attentats, du Bengladesh à Nice en passant par Istanbul ou Bagdad ou par d’autres actes du genre qu’on oublie de mentionner, car ils semblent faire partie de l’ordinaire de vie de nombreuses sociétés. Sans compter les violences de certains Etats ou les violences aux gants blancs, mais parfois rougis de sang, d’une économie agressive et conquérante, même si teintée du clinquante du progrès technologique et de la séduction publicitaire.

Il s’agit donc de faits de violence, et de violence extrême, dans des domaines divers. Ils n’ont rien en commun, sauf qu’ils sont commis dans leur grande majorité par des hommes, par des « mâles ».

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Le Brexit : les raisons d’un leave et d’une remain qu’il faudrait méditer pour aller plus loin

Felice Dassetto

24 juin 2016

La décision est prise : par une courte majorité, les citoyens du Royaume Uni ont décidé de quitter l’Union européenne, dont ils n’ont jamais fait entièrement partie. C’est tout de même étrange qu’une décision d’une telle importance puisse être prise à la majorité simple et non pas à la majorité qualifiée. Quoi qu’il en soit, c’est chose décidée. Et l’avenir de tous exige une fameuse capacité de rebond. L’analyse des arguments qui ont présidé à ce choix et à la campagne électorale qui a précédé ce départ peut être utile, car derrière ce choix il y a la question du sens d’appartenir à une collectivité politique, peu importe qu’elle soit régionale, nationale ou supra-nationale.

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Après le « significatif » de Jan Jambon

Felice Dassetto

5 juin 2016

Le 16 avril dernier, une interview de Jan Jambon, ministre de l’Intérieur fédéral, dans le Standaard a soulevé un tollé. Les polémiques et les dénonciations ont flambé. On en est resté aux polémiques sur la personne, à son accusation ou à sa défense. J’ai eu envie de regarder un peu plus de près la réalité

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La déradicalisation des esprits et la construction d’un esprit nouveau.

Deux mois après les attentats

Felice Dassetto

18.05.2016

Les attentas commencent à s’éloigner même s’ils continuent à occuper les esprits, surtout des blessés, de leurs familles ainsi que des familles des personnes tuées. Toutefois la vie normale reprend. Et avec elle, risquent de reprendre les routines des uns, l’immobilisme des autres ou les guéguérres des autres encore.

Et pourtant l’efficacité pratique du radicalisme terroriste fait prendre conscience que le temps n’est plus aux tergiversations. En espérant que l’on commence à comprendre enfin, au-delà des attentats, qui sont en quelque sorte l’extrême pointe de l’iceberg, la profondeur des enjeux suscités par la présence inédite de musulmans en Europe. C’est une nouveauté à laquelle personne, ni parmi les musulmans ni parmi les non-musulmans, n’était préparé. Elle continue à susciter des questions malgré les quelques décennies qui se sont écoulées depuis le début des présences musulmanes dans les années 1960. On n’a pas voulu voir pendant des décennies la profondeur, la complexité et la difficulté répétitive de trouver des solutions aux divergences.

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Avancer par le haut dans la lutte contre le radicalisme jihadiste

Felice Dassetto

3 mai 2016

 

1.Préalables([1])

La présence de l’islam dans l’espace européen a été –et elle l’est toujours- une nouveauté historique. L’arrivée de migrants d’origine musulmane au début des années 1960 semblait être un fait migratoire classique, engendrant des processus d’inclusion, d’intégration semblables à ceux de toute migration, tant en ce qui concerne le cheminement des nouvelles populations qu’en ce qui concerne les réactions des populations déjà établies. Or, il apparaît de plus en plus qu’en raison des dynamiques pluri décennales, voir séculaires en cours dans le monde musulman, et en raison des relations historiques entre monde musulman et monde occidental cette présence s’inscrit dans une dynamique plus vaste d’une rencontre inédite de civilisations, forgée dans un moment particulier de l’histoire mondiale (globalisation, mondialisation), de l’histoire européenne (crise économique, élargissement de l’Europe) et de l’histoire de l’islam.

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Un mois après : perspectives pour un élan après les attentats du 22 mars

Felice Dassetto

18 avril 2016

L’efficacité pratique du radicalisme terroriste fait prendre conscience que le temps n’est plus aux tergiversations. Ce n’est pas non plus le temps des accusations ou des polémiques, même si faire un bilan du passé est toujours utile. Ce n’est pas non plus le temps de l’amateurisme et de l’improvisation qui semblent encore continuer à frapper la construction de la vision et de l’action au sujet de l’islam (elles le font depuis des décennies, pour preuve les vicissitudes incessantes de l’Exécutif des musulmans de Belgique), tout au moins en Belgique francophone.

Ce qui est suggéré dans la suite peut paraître trop large et trop général : il suggère des pistes pour penser une vision d’ensemble des actions à entreprendre pour agir contre la radicalisation et pour un projet de renouvellement et pour poser des préalables afin de concrétiser cette vision. Mais à l’aide de quelques exemples, j’essaie de montrer que cela est très concret, tout en essayant de prendre du recul pour disposer d’une stratégie, d’une hiérarchie de priorités, d’une temporalité. En somme d’une vision structurée.

Souvent, il s’agit d’ailleurs de choses qui se font déjà, mais qui manquent parfois de recul, de consolidation et de ciblage.

Après quelques prémisses générales, (1) j’esquisse une analyse des causes de la radicalisation étape indispensable pour envisager les actions conséquentes. Ensuite (2) je pose la question de savoir qui est concerné par cette grande mobilisation indispensable. Mais pour envisager un grand plan d’ensemble et ne pas foncer à tête baissée sur quelques idées éparses, il me semble utile (3) de poser quelques aspects préalables, quelques principes de base aux actions à entreprendre. Et enfin (4) à titre d’exemple j’essaie de esquisser de manière incomplète quelques perspectives d’action et quelques priorités en direction de la jeunesse. Dans le texte il y a deux excursus, en italique : l’un concernant les concitoyens musulmans et l’autre concernant les perspectives de la jeunesse moins favorisée et ce qu’on lui propose.

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Une pensée jihadiste-terroriste clairement énoncée.
Analyse d’un article qui justifie les « attentats sur la voie prophétique ».

 

Felice Dassetto

30 mars 2016

 

Depuis les attentats à finalité terroriste, qui témoignent d’une radicalité extrême, on se demande comment des personnes aboutissent à commettre de tels actes. Les arguments qui tentent de donner des explications uniquement par une référence au contexte social (chômage, discriminations, etc.) ou à des aspects géopolitiques ou à l’histoire coloniale sont bien insuffisants. Des psychiatres tentent d’y voir clair à partir des constructions des personnalités. Il faut admettre qu’il y a une convergence et une pluralité de causes et de raisons. (Je me permets de renvoyer à mon texte Radicalisme et djihadisme. Devenir extrémiste et agir en extrémiste, dans www.uclouvain.be/Cismoc,juin 2014).

Parmi ces multiples causes il ne faut pas ignorer les idées, leur force car dans tout radicalisme et dans tout terrorisme la construction idéelle pèse lourdement. L’être humain fonctionne par la construction idéelle produite par sa raison et par ses passions. Des écrits, des paroles, des images véhiculent, construisent le radicalisme combattant et celui terroriste.

Le texte que je vais analyser est issu de la livraison de février 2016 de la revue électronique Dar al-Islam, produite par Daesh en langue française donc à destination surtout de la jeunesse musulmane francophone européenne. Le titre, « Attentats sur la voie prophétique » est assez parlant, mais on comprendra tout le sens et la portée de ce texte dans la suite.

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Après le 22 mars et les attentats de Zaventem et du métro. Pour aller de l'avant.

Felice Dassetto

23 mars 2016

 

En général dans ce blog, l'écris avec le profil qui est le mien, celui d'un professionnel de l'analyse sociologique, qui tente, par ses outils, d'analyser les réalités de nos sociétés contemporaines.
Le texte d'aujourd'hui, tout en restant, je pense, dans la cadre d'une analyse, dit les choses de manière plus directe. Ce ne sera pas la norme pour les textes à venir.

Comme on pouvait s’y attendre, un nouveau coup a été frappé par une action jihadiste aux conséquences très graves. Le drame, la compassion pour les victimes et leurs familles, l’émotion, ne doivent pas nous empêcher de tirer les leçons et de penser la suite.

1.À l’heure actuelle on pourrait dire que l’hypothèse la plus probable pour comprendre la logique de cet attentat bruxellois est de le situer comme un des derniers coups de queue du noyau qui a perpétré les attentats du 13 novembre à Paris. On pourrait privilégier cette hypothèse plutôt que celle d’un nouveau noyau qui aurait été réveillé.

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Le bouillonnant leadership musulman en Belgique.

Au-delà des agitations pour chercher de comprendre des logiques

Felice Dassetto

26 janvier 2016

Les mois de décembre-janvier 2016 ont vu se renouveler des agitations autour de la formation des « «cadres » de l’islam et ont vu des polémiques autour de certaines figures de leaders et des interventions politiques diverses. Le tout sur le fond des évènements dramatiques des attentats à finalité terroriste qui ont vu des musulmans belges jouer un rôle majeur.

On peut évoquer le projet formulé par la commission Marcourt de créer des lieux de formation supérieure islamique, reçu dans des sens divers au sein du monde musulman. Ou encore la décision sans lendemain de la Région bruxelloise de financer un projet de capsules vidéo d’exégèse coranique, confié à trois personnes qui ont ensuite renoncé à leur projet en sentant le désaccord ou les critiques qui se faisaient sentir au sein de la communauté musulmane. La presse a depuis janvier largement fait écho d’agitations de personnes et de politiques autour du leadership musulman belge.

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Les attentats du 13 novembre  à Paris.

Esquisse d’une sociologie d’un acte jihadiste à finalité terroriste de grande ampleur([i]).

Felice Dassetto

9 janvier 2016

 

Ce texte entend éclairer des aspects sociologiques qui émergent à partir d'une analyse de l'entreprise jihadiste à finalité terroriste du 13 novembre 2015 à Paris. Ce n'est donc pas avant tout une analyse du modus opérandi (tâche de l'enquête judiciaire et policiaire). Il s'agit d'une ébauche d'étude des fonctionnements sociologiques propres à cette entreprise et à son contexte, conduisant l'analyse à partir des acteurs, sociologiquement situés et de leur agir. Qui sont-ils en tant qu'acteurs sociaux? Comment agissent-ils en tant que collectif? Quel contexte rend possible quelle action?

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2015 : année de questions et de zones d’ombre

Felice Dassetto

Noël et Solstice d’hiver 2015

Chacun d’entre nous fait le bilan du temps qui passe à partir de ses sensibilités et de son vécu, de l’attention qu’il a portée à l’un ou l’autre événement en fonction de ses propres attentes. Mon bilan de cette année est, plus que jamais, celui des questions qui n’ont pas toutes les réponses, ou plus exactement, des questions dont on verrait théoriquement des réponses possibles et des voies d’issues, mais dont les voies d’issues semblent actuellement bouchées, impensables. Ce qui pose des questions au sujet de la construction des évidences, des pesanteurs sociales et des logiques de domination.

Je rentiendrai quatre zones d'ombre de cette année. Les faits sombres des attentats du début et de fin d'année et ce qu'ils impliquent comme zone d'ombre qui plane sur l'ensemble du monde musulman. Je poursuivrai avec les zones d'ombre du développement de la mondialisation conteporaine qui nous engage tous dans une course folle, alimentée de promesses ou d'illusions d'avenir économique, technologique, culturel. Je poursuivrai en m'interrogeant brièvement  à propos des vagues migratoires contemporaines. Et enfin, l'actualité et l'engouement contemporain m'amène à m'interroger au sujet de Star wars: une zone d'ombre de propagation d'un certain type de culture. Et pour finir je dirai juste un mot de saison à propos de toute ma perplexité concernant les Plaisirs d'hiver bruxellois.

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Les quatre moments du jihadisme contemporain

Felice Dassetto

15/11/2015

Les attentats du 13 novembre 2015 verront se multiplier les commentaires, la reprise des séquences filmées, le suivi minute par minute des évènements; l’espace médiatique et du web en est et en sera saturé.

J’ai pensé utile en général et en particulier à l’usage de groupes, d’enseignants, de jeunes, d’analyser avec recul cette tragédie, cet acte jihadiste, en les situant dans une perspective historique et dans une analyse des productions idéologiques. Cette analyse dans un texte qui essaie de ne pas être trop long, est nécessairement abrégee.

Ces gens qui se pointent en tirant avec leurs armes et en se faisant exploser, ne surgissent pas de nulle part. Ils ne sont pas nés hier, dans les derniers mois ou uniquement dans le contexte de Daesh. Ils sont les enfants et les petits enfants de cinquante ans d’idéologie radicale et jihadiste.S’il a fallu cinquante ans pour construire l’environnement et la culture jihadiste, il en faudra beaucoup pour convaincre des musulmans que cette idéologie, et les idéologies non jihadistes qui la nourrissent directement ou indirectement, ont amené l'islam au désastre moral et intellectuel qu'il connaît maintenant. Mais il n'est jamais trop tard pour un sursaut.

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Résultats des élections en Turquie et des populations de nationalité turque en Belgique.

Quelques questions qui nécessiteraient réflexion et débat, y compris au sein des partis politiques belges.

Felice Dassetto

10 novembre 2015

Les récentes élections législatives en Turquie, qui ont succédé à celles de juin 2015, ont vu le succès du parti « Justice et développement » (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP). L’emblème quelque peu étonnant de ce parti, à savoir une ampoule électrique allumée, occulte quelque peu la dimension religieuse de ce parti, qui allie l’idée de développement économique et social mené à l’enseigne d’un libéralisme social, moderniste sur le plan économique et social, avec l’idée d’une islamisation de la société et de l’État dont ne sont pas clairs, me semble-t-il, les objectifs finaux.

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Islamisme modéré. Pour tenter d’y voir clair et savoir de quoi on parle.

 

Felice Dassetto

Une première version a été publiée dans La libre Belgique, 10.12.2011

Le terme d’islamisme « modéré » est devenu courant. Il importe d’en comprendre le sens de l’intérieur du vocabulaire politique musulman, arabe et turc, dont il fait désormais partie et où il est apparu depuis les années 1990.

Ce terme a deux matrices différentes de signification: l’une strictement politique, mais avec des racines religieuse ; l’autre religieuse, mais avec des implications politiques.

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2050 : Avenir en catastrophe ?

À propos d’une exposition aux Musées des Beaux arts de Bruxelles et des thèses de Jacques Attali.

Felice Dassetto

10 octobre 2015

 

Les Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles ont organisé une exposition étonnante : « 2050 : Une brève histoire de l’avenir », qui sera visible jusqu’au 24 janvier 2016.

Cette exposition a comme point de départ et comme fil conducteur le livre de Jacques Attali, Une brève histoire de l’avenir (publié en 2006 chez Fayard et réédité en poche) et a été lancée à grand renfort de communication relayée par les médias. Ce livre est une synthèse de thématiques développées dans les ouvrages précédents.

À l’époque de sa première publication, le livre avait déjà suscité des débats.

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Immigrations et réfugiés politiques : à la recherche d’un cap 

Felice Dassetto

14.09.2015

Les urgences d’action au sujet des nouvelles migrations et des réfugiés politiques a secoué tout le monde et a sorti enfin le gouvernement de sa torpeur. L’émotion se fait sentir et c’est bien ainsi si cela sert à secouer les choses. Toutefois, il ne faut pas en rester à l’émotionnel pour bâtir une action collective. Il ne faut pas non plus en rester à la cacophonie, au brouhaha et à la courte vue. Et encore moins à la critique politique de bas étage. La question est difficile et personnes ne dispose de « la » bonne solution. Il n’y a que des solutions les moins mauvaises possibles.

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Dépasser les controverses du halâl et sortir par le haut

Felice Dassetto

20 août 2015

Introduction

On sait combien la nourriture ne répond pas seulement à un besoin naturel et n’est pas seulement un fait matériel et économique. Evidemment ces deux dimensions sont fondamentales et les populations du monde qui souffrent de la soif et de la faim le savent bien, tout comme tous ceux qui œuvrent dans le secteur de l’alimentation. Mais la nourriture est aussi un fait historiquement ancré dans les cultures et les civilisations.

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Les régulations alimentaires dans quelques cultures et civilisations… et dans la société contemporaine sécularisée

Felice Dassetto

Août 2015

L’importance des habitudes alimentaires dans les cultures et dans les civilisations n’est pas à démontrer d’autant plus que l’alimentation nourrit non seulement les corps, mais également les identités et contribue à construire des sociabilités. C’est la raison pour laquelle souvent les religions et les philosophies s’en mêlent. Faisons rapidement le tour de quelques attitudes alimentaires dans des civilisations en se concentrant sur les enseignements doctrinaux des religions et des philosophies. Bien entendu, il ne faut pas oublier que les pratiques ne correspondent souvent pas aux doctrines : cela dépend de la capacité d’emprise des doctrines au sein des populations.

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Les rites : Fête « nationale », Tour de France, Ramadan

Felice Dassetto

24 juillet 2015

Tout groupe humain, depuis toujours, invente des rites. Les rites sont des conventions, des manières de faire, réitérées dans le temps, par lesquelles les membres d’un groupe se reconnaissent. Peu importe la nature du groupe : une famille, un clan, un Etat, un village ou une ville, un groupe religieux, sportif, professionnel….

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A propos de la formation des « cadres « de l’islam

Felice Dassetto

29.05.2015

 

1. Rappel du contexte en introduction

 

Le Ministre Marcourt avait annoncé dans le passé (même avant qu’il n’ait la compétence relative à l’enseignement supérieur), je suppose sur la suggestion de quelques membres de son cabinet, de vouloir ouvrir un « Institut public d’études sur l’islam ». Ce qui était une chose bizarre dans le paysage universitaire et du point de vue constitutionnel belge. Et pourquoi pas alors un institut public d’étude du catholicisme, ou du judaïsme ou de la franc-maçonnerie….. On peut comprendre l’intention du Ministre devant le souhait de tenter de réguler le devenir de l’islam belge. On peut la mettre en compte également de certains reflexes napoléoniens du Ministre

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Le monument manquant de Waterloo

Felice Dassetto

18 mai 2015

Les commémorations du bicentenaire de la bataille de Waterloo approchent à grand pas. Les places pour le grand jeu de reconstitution de la bataille sont vendues. Champagne et diners sous tente agrémenteront le spectacle du public plus fortuné. Les opérateurs touristiques inscrivent les commémorations dans leurs circuits. Les hôteliers se frottent les mains car les touristes sont attendus en nombre. Les investissements publics et privés seront rentabilisés. Le business Waterloo est bien installé.

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